Séminaire régional sur la grippe aviaire

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C’est au musée du Moudjahid de la ville de Bouira que s’est déroulé durant la journée d’hier, le troisième séminaire régional de la mise en place du plan sectoriel de préparation à une pandémie de grippe humaine d’origine aviaire. Plusieurs spécialistes de renommée étaient présent à ce rendez-vous, mais également des vétérinaires venus pour écouter les consignes des conférenciers. Après un historique sur les pandémies de 1918 et 1957, Ouahdi, représentant du ministre de la Santé et directeur de la prévention du ministère de la Santé soulignera le fait qu’aucun cas de grippe aviaire n’est pour l’heure actuelle confirmé en Algérie. Cependant l’orateur insistera sur les mesures de prévention pour éviter l’introduction de cette maladie dans notre pays. Toujours dans le domaine de la prévention, Ouahdi annoncera que 900 000 personnes ont été vaccinées, contre la grippe saisonnière durant l’année 2005, notamment les sujets fragiles âgés de plus de 65 ans. Pour 2006, le ministre de la Santé a exigé une commande de 4 000 000 de doses de vaccin antigrippal qui seront administrées gratuitement. La campagne de prévention est certes importante, mais quelques couacs subsistent, selon le conférencier qui déplore entre autre que le numéro vert, le fameux 115, ne soit pas encore opérationnel dans certaines wilayas. “Il faut financer le fonctionnement du 115 afin que les citoyens puissent avoir les réponses aux questions qu’ils se posent” dira l’orateur tout en affirmant que l’Algérie a pris toutes les dispositions pour une riposte sanitaire efficace contre une éventuelle pandémie. Au programme de ce séminaire, plusieurs volets dont les ateliers de prévention et veille sanitaires, organisations des services et des soins. Un séminaire qui regroupe treize wilayas du centre avec les wilayas de Tamanrasset, Adrar et Tindouf, et qui devrait aboutir à un arrêté portant sur des recommandations générales de lutte contre la grippe aviaire. Notons enfin que c’est le troisième séminaire du genre organisé par le ministère de la Santé et que deux autres manifestations seront organisées prochainement à Bechar et à Alger.

H. B.

Professeur Chaulet, conseiller et consultant au niveau de la prévention En marge de ce séminaire, l’éminent professeur Chaulet à bien voulu répondre à quelques unes de nos questions concernant le risque d’une éventuelle épidémie en Algérie.La Dépêche de Kabylie : Ne pensez-vous pas que l’Algérie soit un peu à la traîne concernant les mesures de prévention contre la grippe aviaire.ll Pr Chaulet : Non bien au contraire, le gouvernement algérien a pris les mesures nécessaires en temps opportun. Le problème a été pris en charge par le gouvernement. Les ministères de la Santé et de l’Agriculture ont pris leurs précautions. Nous craignons actuellement que cette épizootie se répande dans le monde, en particulier autour du bassin méditerranéen. Il faut prendre les mesures tout d’abord pour éviter son apparition en Algérie, ce qui est fait par les services vétérinaires au niveau du ministère de l’Agriculture, et d’autre part se préparer à un risque de son passage à l’homme.Les conditions d’élevages de la volaille en Algérie rendent peu probable ce passage direct. Mais ce qui est craint au niveau mondial par l’OMS, c’est que le virus s’adapte à l’homme. A ce moment là on aurait un virus grippal, de type nouveau qui associerait le caractère contagieux de la grippe normale au caractère dangereux de la grippe aviaire. Mais ce virus est un virus virtuel pour l’instant. Il ne faut pas affoler la population, parce que la grippe c’est d’abord un problème individuel et seul un petit nombre de malades voie la mutation de ce virus vers une forme sévère, spécialement chez les personnes âgées et les petits enfants. Il faut souligner que les premières mesures qui sont prises à l’occasion de cette menace, me paraissent importantes, à savoir le renforcement de la vaccination antigrippale saisonnière et sa gratuité qui a été adopté par le gouvernement. C’est une bonne chose, parce que cela veut dire que si l’on est prêt à vacciner tous les sujets à risque pour la grippe saisonnière, on sera capable en cas d’une épidémie future de l’endiguer. En ce qui concerne les médicaments pour les formules plus sévères, il faut donner aux hôpitaux les médicaments et j’attire votre attention que les mesures de prévention les plus rudimentaires comme se laver les mains pour éviter la contagion sont des mesures importantes, parce qu’il n’y a pas de médicament miracle contre les virus.

Propos recueillis par Hafidh B

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