Si ces dernières années, de nouveaux lycées ont été dotés de salles de sport, ce qui facilite la pratique de l’éducation physique, ce n’est pas le cas des anciens établissements. A titre d’exemple, le lycée Saïd Hamdani, réalisé dans les années 80 à Draâ El Mizan, n’a ni stade en matico ni encore moins une salle de sport. «Pourtant, juste après la réalisation d’une salle au technicum Oudni Aomar, dit Si Moh Nachid, on parlait d’un projet de réalisation d’une salle au niveau de notre lycée. Mais on ne voit rien venir», déclare un professeur ayant requis l’anonymat. Les lycéens pratiquent, à ce jour, le sport sur un terrain inadéquat : «A chaque séance, nous enregistrons des blessés. Les élèves jouent sur du gravier. C’est très dangereux. Et pourtant, il y a un terrain nu où un projet de salle de sport peut être réalisé. On ne sait pas jusqu’à quand nos élèves continueront à jouer sur un tel terrain. Nous continuons, néanmoins, à organiser des tournois sur cette enceinte, pour répondre à la demande de nos élèves qui veulent casser la routine. En tout cas, nous interpellons les responsables de la direction de l’éducation à jeter un regard sur ce lycée, l’un des plus anciens de la wilaya», ajoute le même interlocuteur. Tout comme ce dernier, certains élèves rencontrés devant le portail n’ont pas hésité à évoquer ce manque : «Dernièrement, j’étais avec un camarade au lycée d’Aïn Zaouia, j’étais jaloux de la belle salle de sport de cet établissement. A voir l’état de la nôtre, on se croirait dans les années 70. Même durant ces années-là je pense que le sport était mieux pris en charge. Ces séances de sport, qui sont normalement des moments de détente, sont pour nous une corvée. On a peur des blessures. Les risques sont énormes», avoue l’un d’eux. Il est à noter que de nombreux parents préfèrent que leurs enfants soient dispensés de la pratique sportive, pour éviter de mauvaises surprises : «Certes, l’éducation physique est une discipline qui mérite respect comme toutes les autres, d’autant plus qu’elle aide l’élève à développer ses capacités physiques, mais, au niveau de ce lycée, elle est redoutée par les parents parce qu’ils craignent que leurs enfants se blessent. Si un élève reçoit un coup sévère, il risque de perdre toute l’année scolaire. Et moi, j’ai fait mon choix pour ma fille. Cela ne veut pas dire que je suis contre le sport féminin. Faute d’une salle de sport digne de ce nom, j’ai tout fait pour lui obtenir un certificat de dispense. Ce n’est pas sur un terrain en goudron qu’on pratique le sport. Maintenant, il faut des salles de sport. Pourquoi le technicum, pourtant, inauguré en 1999, a-t-il sa salle et pas notre établissement ? », s’interroge un parent d’élève qui a fait part de son inquiétude à ce sujet.
Amar Ouramdane
