Ouaguenoun – Maison de jeunes communale – La population réclame une rebaptisation

Beaucoup de voix se sont élevées ces dernières semaines à Ouaguenoun, pour appeler les autorités locales à rebaptiser la maison de jeunes du nom du grand poète Mohand Oumoussa Aouaguenoun.

Pourtant, lors de son dernier mandat, l’ancien président de l’APC, Ali Belkhir, a donné ce même nom à cette structure. Approché, celui-ci expliquera qu’il avait, en effet, procédé à la délibération «de la façon la plus légale». Après un mois de la soumission de cette idée aux élus, l’Assemblée n’avait pas exprimé son refus à travers un vote négatif. Ce qui, selon notre interlocuteur, lui conférait légalement le droit de porter le nom de cet illustre poète de la région sur le devant de l’édifice. En réaction à la décision, la population avait exprimé sa grande joie. Au moins, ce grand poète, né aux environs de 1895, aura une reconnaissance officielle sur sa terre natale, se disait-on. Mais quelques années plus tard, force est de constater que l’enseigne portant le nom de celui-ci fut enlevée et l’idée fut abandonnée. A l’heure actuelle, la maison de jeunes ne porte aucun nom. Les citoyens d’Ouaguenoun s’interrogent sur les motifs de cette décision, sachant que Mohand Oumoussa Aouaguenoun représente un patrimoine dont les Aït Ouaguenoun peuvent être fiers. Certes, cet illustre poète est né au village Tamyist qui relève aujourd’hui de la daïra de Makouda, mais autrefois, toute la région s’appelait Ouaguenoun. Né à l’époque coloniale, Mohand Oumoussa était orphelin de père dès son jeune âge. Petit, il aimait déjà jouer à la flûte. Il passait le long de ses journées en tant que berger au lieu-dit Azrou Ougettouf, sur les hauteurs du village Tala Bouzrou. Un jour, il sera entendu jouer par un illustre tambourin, Hand Ouali Tala Gahia, de passage sur les lieux avec son groupe. Subjugué par la façon de jouer de Mohand Oumoussa, celui-ci n’hésita pas à demander à la mère du petit berger de l’autoriser à l’emmener avec lui dans son équipe et de le former. C’est ainsi que Mohand Oumoussa se retrouva à son tour tambourin (adhebbal), mais doublé d’un don de poésie sans commune mesure. A signaler que Mouloud Mammeri retrouvera quelques poèmes de ce grand poète qu’il a joints dans son recueil de poésie kabyle ancienne. En fait, Mouloud Mammeri ne retrouvera pas un grand nombre de poèmes car Mohand Oumoussa a refusé de livrer ses poèmes au général français Letourneau, malgré les faramineuses sommes d’argent qui lui ont été proposées. Sa poésie et sa sagesse ont fait de lui un homme très consulté.

Akli N.