Tazmalt – Les primeurs inaccessibles au marché couvert

Au marché couvert de la ville de Tazmalt, les commerçants font l’étalage de toutes sortes de fruits et légumes, produits localement pour quelques-uns. Les étals sont achalandés, quoique «excentrés» par rapport aux stands couverts, que les marchands boudent, préférant installer leurs points de vente sur les accotements du chemin qui mène vers l’agence de la CNAS de la ville, sur l’autre rive. Ce marché ne désemplit pas, surtout les matinées lors desquelles les gens viennent, en plus de cette ville, des localités voisines, comme Ath Mellikèche, Toughza, Boudjellil, Ivahlal et bien d’autres, pour s’approvisionner en denrées alimentaires et siroter des boissons entre amis. Ces jours-ci, de nouveaux fruits arrivent sur les lieux : les primeurs. Bien entendu, les primeurs signifient les tout premiers végétaux récoltés de la saison. Dans ce petit souk local, on «redécouvre» le melon et la pastèque, donnant un avant-goût de la saison estivale, bien qu’elle soit encore un peu loin. Ainsi, de bonnes quantités de ces fruits, très prisés au demeurant pendant l’été, car permettent une réhydratation assez bénéfique du corps, sont étalés et proposés à la vente. Bien évidemment, comme tout primeur, ces herbacés, appartenant à la famille des cucurbitacées, ont «annoncé» la couleur avec des prix «excessifs», jugent les chalands. Questionné sur les tarifs pratiqués, un jeune, qui tenait un étal dans ledit marché, «déroulera» la liste des prix: «Le melon est à 200 DA/kg, la pastèque à 100 DA/kg…  » indique-t-il. Et à un client de l’interroger: «Ils proviennent d’où ces pastèques et melons que vous vendez ?». Le jeune marchand, quelque peu embarrassé par la question, dira tout de go: «De Boufarik !». Erreur ! Il fait encore frais pour que les pastèques et les melons soient mûrs en plein début du mois de mai au nord du pays! Ces fruits arrivent sûrement du Sud, d’Ouargla précisément. D’autres fruits ont également fait leur apparition dans ce marché, comme les mûres cédées à 180 DA/kg et les nèfles, encore «chères» avec 200 DA/kg. «On va devoir patienter quelques jours encore pour pouvoir les déguster», susurre un père de famille qui «dévorait» des yeux ces primeurs complètement hors de portée des bourses moyennes et faibles.

Syphax Y.