Aïn El Hammam – Les retraités frustrés

La récente augmentation des pensions de retraite n’a pas réjoui les retraités de la commune d’Aïn El Hammam. Cette fois, la déception est unanime, même chez les détenteurs de grandes pensions, habitués à voir appliquer le même taux d’augmentation que les petites retraites. Même s’ils prennent les choses comme elles viennent, ils ne manquent pas de signaler que face à l’inflation, une revalorisation de moins de cinq mille dinars demeure une goutte d’eau dans un océan. L’euphorie constatée à l’annonce de la revalorisation de leur retraite a laissé place à la déception dès qu’ils ont procédé aux calculs de leurs gains. Ainsi, les pensions de vingt mille dinars n’ont finalement gagné que 1 000 dinars, alors que ceux qui perçoivent trente mille dinars n’auront que 750 dinars de plus, qui seront, d’ailleurs revus à la baisse, une fois soumis à l’IRG. Ils se demandent ce qu’une telle augmentation peut changer à leur pouvoir d’achat, déjà si faible. «C’est tout juste le prix d’un sachet de lait ou de trois baguettes de pain, par jour. Mais c’est mieux que rien», disent ceux qui se satisfont du minimum. «Nous ne comprenons rien à ce pourcentage. Nous voulons que l’État nous fixe une somme annuelle à percevoir. Avec les temps qui courent, il est indécent de nous accorder moins de cinq mille dinars», fulmine un autre. «Je gagne 24 000 dinars par mois. J’ai deux enfants chômeurs à charge, et mon épouse ne travaille pas. Comment voulez-vous joindre les deux bouts ? Heureusement que je travaille en parallèle comme gardien de chantier et que mon épouse tire quelques légumes de notre champs», dit un vieux retraité de l’hôpital. C’est dire que même si une rentrée d’argent est toujours la bienvenue, «les chibanis», qui se disent loin de rouler sur l’or, aimeraient qu’on prenne en considération les petites retraites qui ne leur assurent que le strict minimum.

A. O. T.