Pour avoir réclamé un payement en sous-main à un homme dont l’enfant devait subir une intervention chirurgicale, un médecin de l’hôpital de Sidi Aich se retrouve, depuis mercredi, sous les verrous.Le Dr T.H., spécialiste en chirurgie générale de son état, était tombé, à pieds joints, dans une souricière tendue par les services de police. Après avoir fait mine d’accepter la proposition du médecin, le parent s’était directement dirigé vers le commissariat de Sidi Aich d’où une opération de confirmation du délit allait être montée. Les billets sont photocopiés et le chirurgien est pris en flagrant délit d’encaissement de sommes indues et de manquement à l’éthique professionnelle.Entendu sur PV, il a été présenté, le même jour, par devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi Aich qui avait ordonné sa mise sous écrou à la prison d’Akbou. La direction de la santé et de la population de la wilaya de Béjaïa a, par mesure conservatoire, ordonné la suspension du praticien. Même si l’évènement met en émoi la communauté médicale de la wilaya, il n’en demeure pas moins que de tels manquements sont, à s’en fier à la vox populi, légion. L’affaire vient juste mettre un nom et un visage sur une large pratique de prévarication en vigueur dans les secteurs sanitaires. Si, en l’occurrence, il s’agit d’un flagrant délit, ce sont, le plus souvent, des attitudes insidieuses de « rabattage » aux profits de structures privées par des médecins qui, foulant aux pieds le serment d’Hippocrate, ne manifestent aucune pitié pour les démunis.Pendant que très peu de citoyens font montre du même geste de dénonciation civique comme illustré avec cette affaire de Sidi Aich, les instances ordinales ne semblent pas à même de jouer le rôle de préservation de l’éthique qui est, en principe, le leur au premier chef. L’opinion est ainsi sans nouvelles des éventuelles décisions prises à l’encontre de plusieurs praticiens, accusés publiquement de graves manquements.Ainsi, en est-il de l’ »affaire Idir », du nom d’un jeune accidenté de la route décédé dans des conditions troubles dans une clinique privée où il a été dirigé sur les bons conseils du médecin de garde de l’Hôpital Khellil Amrane. Un établissement où il est aussi arrivé qu’une fillette décède quelques heures seulement après avoir été renvoyée avec un bulletin de bonne santé. Quid de l’ »affaire Amar Brahmi », grossièrement soumis au bistouri dans ce même hôpital. Bref, les exemples ne manquent pas et confinent à une grave déréliction.
M. B.
