Projet inabouti du marché de gros, l’informel sur la RN15… – Ce que le ministre du Commerce n’aura pas vu…

La visite, hier matin, de Said Djellab, ministre du Commerce, à travers la wilaya de Bouira semble avoir été improvisée tant le contenu demeure insignifiant. En effet, si l’on se réfère au programme, la visite du marché couvert de fruits et légumes au chef-lieu de wilaya, l’inspection du complexe avicole d’un privé à El-Hachimia et la visite d’un abattoir privé à Bechloul, ces points laissent à penser que les services du commerce ne sont pas prêts à réactiver le projet d’un marché de gros d’envergure national, dans une wilaya devenue un pôle agricole par excellence. Certes, le complexe avicole d’El-Hachimia appartenant à un privé est un investissement d’envergure avec, entre autres, une production pouvant atteindre les 500 000 œufs par jour. Toutefois, les différents ministres qui se sont succédé à la tête du département de l’Agriculture ont eu toute la latitude de visiter ce complexe qui emploie près de 70 personnes et qui se positionne parmi les premiers fournisseurs des Emirats Arabe Unis et du Qatar. Pour l’abattoir de Bechloul, qui vient tout récemment d’obtenir son agrément d’exploitation, même s’il s’agit d’une unité disposant de techniques d’abattages modernes et répondant aux normes sanitaires en vigueur, ce point au programme de la visite du ministre du Commerce n’est pas l’une des attentes des citoyens de Bouira. À Bechloul, à titre d’exemple, un marché couvert existe. Il s’agit d’une infrastructure nouvellement érigée et qui ne semble pas prête d’accueillir les marchands de fruits et légumes. Ces derniers se complaisent dans l’immense terrain vague appartenant à un privé qui les accueille et dont l’aire de négoce reçoit le marché bihebdomadaire, les vendredis et les dimanches. Par ailleurs, avec son périmètre irrigué et ses milliers d’hectares de terres fertiles, la wilaya de Bouira s’illustre désormais dans la culture maraichère et l’essentiel de ces produits maraichers s’écoulent sur les marchés algérois, ceux de Béjaïa ou d’autres wilayas limitrophes. Cependant, les autorités locales n’arrivent toujours pas à imposer un marché de gros régional. Un comble lorsqu’on se rappelle les différentes tentatives des autorités pour implanter un marché de gros national à Aïn-Bessem, il y a plusieurs années. Ces efforts n’ont hélas toujours pas abouti. Ce marché de gros demeure l’un des plus importants projets à la traine qui s’éternise depuis… 2010. Là encore, l’enveloppe allouée à ce projet était de l’ordre de 700 millions de dinars avec un délai de réalisation n’excédant pas les 12 mois. Il faut dire que la région de Bechloul, flirte avec le périmètre irrigué d’El Esnam avec 2 300 hectares et à El Adjiba est et ouest, 1 280 hectares sont irrigués. À M’Chedallah, 1 600 hectares sont également desservis par le périmètre irrigué et 47 hectares à Chorfa. Cette dernière région demeure l’un des points noirs à éradiquer en matière de commerce informel. Des marchands proposant différents produits exposent leurs marchandises sur le bas-côté de la RN15, malgré la présence d’un marché couvert récemment réalisé au chef-lieu communal. Il est regrettable que ces points sensibles n’aient pas été au menu de la visite de M. Djellab qui a clôturé son programme d’inspection par la visite de la direction du Commerce en s’entretenant avec les cadres de son secteur.

H. B.