Par S. Ait Hamouda
Le patrimoine multiculturel, la mémoire des peuples africains, leurs identités, leurs spiritualités ont été volés, rapinés, au vu et au su de ses ressortissants. L’Afrique était pompée à l’os. Toutes ses ressources humaines, minières, végétales, piscicoles, animales et même son oxygène, son sol, n’étaient pas reconnus comme lui appartenant. L’Africain était colonisé, plus il était esclave, infrahumain, au-delà de tout scrupule, il était un sous-homme et l’Européen a volé à son secours pour le rendre vivable socialement et culturellement acceptable. Mais il fallait s’attendre au retour de manivelle, quasi logique, l’éveil des populaces, leurs révoltes, leurs y-en-a-marre, fichez-moi la paix ! Alors, l’Européen sentant son dictat arriver à son ultime souffle, prit la décision de quitter les pays qu’il avait occupés naguère, pour y emmener la démocratie, la liberté, le savoir et aussi la cupidité, la félonie et tout le toutime et il s’en alla la queue entre les jambes, tout en veillant à prendre avec lui l’âmes de ces peuples. Aujourd’hui que les peuples parlent de restitution des joyaux, des trésors, des crânes, squelettes, des œuvres artistiques que l’ont sort du placard le passé pour dire «non !». Si on cherche des raisons tangibles à ce non, on les trouvera dans la protection de ces vestiges, certaines dans la loi. À l’époque où nous occupions le pays, il n’y avait pas d’État autochtone, donc nous n’avions rien volé à personne. D’autres, certainement qui voient plus loin que le bout de leur nez, ont mis en place des experts pour étudier la faisabilité de la démarche. Quoiqu’il en soit, ces initiatives demandent du temps, des négociations, des discutions à n’en plus finir, des marchandages comme dans un marché et ça va aller chercher les calendes grecques. Il n’en demeure pas moins que le lien entre colonisé et colonisateur ne tient qu’à un fil. Il est sûr pour des occupants qui ont la mémoire courte surtout lorsque l’UNESCO est de la partie. Mais l’essentiel c’est qu’ils restituent, à l’Afrique, sa mémoire…
S. A. H.
