LARBÂA NATH IRATHEN – Au lendemain de la fête de l’Aïd – La tension sur le pain refait surface

Disponible en quantités suffisantes lors de l’Aïd El-Fitr, marqué par l’ouverture des commerces réquisitionnés pour l’occasion, le pain s’est raréfié le lendemain dans les différentes épiceries de la commune de Larbaâ Nath Irathen.

En effet, très tôt dans la journée de dimanche dernier, la population locale a été surprise d’apprendre que les paniers de pain livrés ce jour-là dans les commerces n’étaient pas pour répondre à la demande des clients. Ainsi, la plupart des mères et pères de famille sont rentrés chez eux bredouilles, sans ce produit incontournable. Ils ont été contraints d’opter pour le plan B : concocter chez eux le pain traditionnel, appelé communément aghrum akkuran, ou la galette fait maison, thamthunt. Abordé pour en savoir davantage sur les causes de ce manque, au lendemain de cette fête religieuse, un commerçant du chef-lieu tente d’expliquer : «On redoutait cette insuffisance durant l’Aïd. Mais ce que nous avons craint ne s’est pas produit le jour J, mais le lendemain, soit un jour ouvrable». Avant même de terminer sa phrase, un jeune livreur lui emboîtera le pas : «La boulangerie d’où se ravitaillent la plupart des superettes du chef-lieu a fermé boutique. Quant aux autres boulangers, ils n’ont pas augmenté leurs quotas du Ramadhan». «Il ne faut pas oublier qu’à ce faible quota s’ajoute la demande non moins importante des restaurateurs. Mais avant même la fin de cette semaine, tout va rentrer dans l’ordre», assure-t-il. Un septuagénaire ayant assisté à conversation, interviendra à son tour: «En tout cas, moi, cette situation, m’arrange bien. Ne dit-on pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres ?! Mes belles-filles seront, à coup sûr, obligées de préparer le fameux Aghrum ou Thamouth». En tout état de cause, les habitants sont unanimes à rappeler que c’est toujours la population qui paye les frais de ce genre de perturbations.

Youcef Ziad.