Les travailleurs et ouvriers municipaux de Sour El-Ghozlane, une commune sise à 50 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Bouira, ont observé, hier matin, une grève suivie d’un rassemblement à l’intérieur du parc communal.
Les travailleurs grévistes qui réclament l’amélioration de leurs conditions de travail, ont suspendu toutes activités au sein de ce parc dès les premières heures de la journée d’hier. Les missions de nettoyage des rues, d’entretien des équipements publics et les navettes de collecte des ordures ménagères n’ont pas été assurées durant toute la journée d’hier, et aussi les camions de l’APC sont restés à l’arrêt. À travers cette action de protestation, les ouvriers ont voulu attirer l’attention des autorités communales sur la dégradation de leur condition de travail. Des conditions qu’ils jugent «dégradées et dérisoires». Les protestataires avancent, également, le problème de manque de moyens pour l’exercice de leur mission et aussi de l’absence totale de la prise en charge médicale au niveau du parc communal. Ils affirment qu’aucun moyen de protection ne leur a été fourni, notamment pour les équipes chargées de l’entretien des équipements publics, du désherbage et du ramassage des ordures : «Nous travaillons les mains nues, sans casque, ni tenues, ni encore le moindre moyen de protection. Notre santé est souvent mise en danger, notamment lors des missions de désherbage ou de collecte quotidienne des ordures ménagères. Beaucoup d’ouvriers sont actuellement malades à cause des différentes maladies qu’ils ont contractées lors de l’exercice de leurs missions», explique l’un des protestataires. Selon les dires de notre interlocuteur, un ouvrier municipal a été victime d’un malaise cardiaque à son retour d’une rotation de collecte des ordures ménagères. Ce dernier, qui n’a reçu aucun soin au niveau du parc communal, a été évacué par des citoyens vers l’hôpital de Sour El-Ghozlane puis vers l’hôpital de Bouira, faute d’ambulance au niveau du parc et c’est la goutte qui a fait déborder le vase: «L’ouvrier a été transféré par un véhicule privé vers l’hôpital de Sour El-Ghozlane puis vers l’hôpital de Bouira, vu son état de santé jugé grave par les médecins. Le grand malheur c’est que les responsables de l’hôpital de Sour El-Ghozlane ont refusé de mettre à sa disposition une ambulance médicalisée pour son transfert à Bouira, malgré son état de santé jugé sérieux. Il a été aussi transporté par des citoyens à l’hôpital du chef-lieu de la wilaya. Il s’agit simplement d’une injustice et d’un mépris à notre égard, qui aurait pu coûter la vie à un père de famille !». À noter, enfin, qu’une plate-forme de revendications composée de plusieurs points a été remise au maire de Sour El-Ghozlane par des représentants des grévistes. Ils ont promis de revenir à la charge au cours de cette semaine en observant une grève ouverte, si les autorités communales n’interviennent pas pour améliorer leur cadre de travail.
Oussama. K.

