Ces commerçants suceurs de sang

Ils ne ratent pas une seule occasion pour vider les poches des consommateurs, ces commerçants suceurs de sang. Les hausses des prix des fruits et légumes se font à tout bout champ et pour n’importe quel prétexte. La période de pluie et de mauvais temps est une aubaine pour eux afin de fixer la barre très haut en augmentant les prix comme bon leur semble. Ils invoquent, pour cela, le subterfuge de toujours : la pénurie des produits de tous les jours, telle la pomme de terre, pour « fixer » les prix au double de ce qu’ils étaient la veille. « La terre est tellement boueuse que son extraction est impossible pour plusieurs jours », se justifient-ils, à chaque fois qu’on leur demande le pourquoi de la chose. Lorsqu’il fait chaud, comme c’est le cas en ces derniers jours, une autre astuce est trouvée : la sécheresse, donc la rareté. « La pomme de terre se fait rare car nous sommes en période creuse » ; c’est aussi à cause du manque d’eau », rétorquent-ils aux interrogations des consommateurs. De ce fait, sans scrupule aucun, les tarifs passent « du simple au double ». Jugez-en : la pomme de terre, pourtant de qualité assez médiocre, qui valait, il y a à peine quelques jours, 25 da, est passée à 60 da le kilo ; la tomate, qui se vendait à 40 et 45 da, a atteint les 100 da. L’oignon a lui aussi prix des allures et se vend à 80 da le kilo. Le poivron et le piment se sont « installés » à 150 da le kilo. Même les artichauts et les petits pois qui se vendaient, la semaine dernière, à 100 da les trois kilos ont connu « une certaine hausse ». « Vous voyez le contenu de ce sachet, nous dit un ami enseignant qui revenait du marché de la ville, il est à moitié vide et j’ai laissé chez le commerçant des fruits et légumes près de 500 DA, et je n’ai acheté ni viande ni fruits », précise-t-il. Pour lui, ce sont des emplettes qui se consommeront au bout de deux à trois jours, au grand maximum. Une question se pose : « Existe-t-il réellement, à Bouira, une structure qui se charge du contrôle des prix et de la qualité des produits, notamment ceux de large consommation ?

B. Mechoub