Le tourisme balnéaire périclite

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La fréquentation des plages de la wilaya a périclité lors de la saison estivale 2018 comparée aux précédentes. Un mauvais présage qui annonce un échec avoué à demi-mots par les responsables locaux du secteur.

La fréquentation des plages est habituellement utilisée comme un paramètre d’évaluation de la réussite ou de l’échec de la saison estivale dans la wilaya de Tizi-Ouzou, allant parfois jusqu’à entretenir l’ambigüité de l’estivant-touriste pour faire croire à la «florescence du tourisme dans la wilaya», ce qui est évidemment loin de la réalité sur le terrain, malgré les grandes potentialités naturelles et humaines que recèle cette dernière. Cette année, la direction locale du tourisme a évalué le nombre d’estivants à 8 millions contre 10 millions l’année dernière.

«Nos chiffres, qui ont pris en considération même les plages non autorisées à la baignade, font ressortir quelque huit millions d’estivants alors que l’année dernière ils étaient plus de 10 millions», explique Rachid Ghedouchi, directeur local du tourisme. Les chiffres ne trompent pas, car même en comptabilisant les gens qui fréquentent les plages non autorisées, le constat va de soit. Les habitants de la wilaya fuient nos plages. Il n’est pas difficile de comprendre les raisons, pour ceux qui ont eu à se rendre justement durant cette saison dans l’une des plages de la wilaya.

«Coupures d’eau et d’électricité»

Le responsable du tourisme lui-même l’avoue, faisant part notamment de «la cherté des produits sur les plages». En effet, cette année, les produits sont excessivement chers, échappant à tout contrôle, faisant des citoyens des proies à dépouiller sans prise en considération du pouvoir d’achat de ce dernier. Parlant des retards dans l’installation des commerces saisonniers au niveau des plages, le responsable dira qu’ils «n’ont pas eu les autorisations au démarrage de la saison estivale».

Il y a lieu de signaler que la saison estivale a démarré officiellement le 25 juin, l’adjudication pour la concession des plages a eu lieu quasiment au début juillet pour la majorité des plages, ce qui explique ce retard, tente-t-on de justifier. Ce détail semble échapper au responsable. Pour justifier ce qui peut être considérer comme un échec, M. Ghedouchi cite l’épidémie du choléra ou précisément «l’intox du choléra», survenue pourtant à la fin du mois d’août et la wilaya de Tizi-Ouzou n’était pas touchée, en plus l’insuffisance et la perturbation en matière d’énergie électrique (Chute de tentions, coupure d’électricité).

Au niveau notamment des plages d’Azeffoun, les coupures récurrentes d’eau, quelques plages manquent d’éclairage, des problèmes constatés réellement et signalés tout au long de la saison estivale. Le responsable les confirme et les désigne aussi comme paramètres qui ont participé à faire fuir les estivants. Mais qui est le responsable dans cette situation ? M. Ghedouchi estime que «l’administration a fourni tous les moyens nécessaires pour le bon déroulement de la saison». «On a préparé les plages, les accès, les sanitaires, les services de sécurité étaient présents, la protection civile aussi», a-t-il souligné.

Le directeur du tourisme estime que le citoyen a le choix et préfère les plages de Boumerdès et Béjaïa, par rapport au paramètre de la fluidité de la circulation, regrettant le problème «des embouteillage sur la RN24». Les intempéries au mois de juin ont aussi fait que le nombre d’estivants baisse, explique le responsable. Une baisse qui s’est répercutée, selon lui, même sur les investisseurs privés qui «ont des autorisations un peut tardivement pour l’exploitation des appartements et villas privés pour l’accueil des estivants». Ces derniers, selon le directeur, «ont signalé que la saison n’a pas été pleine pour eux».

Pour encore expliquer ce recul, Ghedouchi regrette que «la saison estivale soit écourtée pour deux mois et encore moins, avec les coupures, pour raisons d’examens du Bac et les fêtes religieuses». S’ajoutent à tous les points précédents d’autres contraintes signalées par le responsable qui, dira-t-il, avaient entravé le bon déroulement de la saison estivale.

Il s’agit de «l’augmentation du nombre d’interventions par rapport à la saison écoulée, du nombre de décès enregistrés de l’ordre de 6 personnes, inoccupation du poste de la gendarmerie nationale au niveau de la page de Sidi Khalifa à Azeffoun, l’état dégradé des RN 24 et 73, la manque de moyens humains et matériels insuffisants pour la collecte des déchets». Mais le plus grand point noir de cette saison était l’insalubrité des plages que les estivants ont dénoncées.

Kamela Haddoum.

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