Point d'ordre – L’agriculture et la tradition

Par S. Ait Hamouda

Il y a quelque chose qui surprend tout le monde dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Une région qui n’a pas la réputation d’être agricole, et pourtant, elle fournit plusieurs zones hors wilaya. Elle est en tête de la production du blé dur, deuxième de lait et d’huile d’olive et se place honorablement dans le classement officiel des wilayas productrices des fruits et légumes. Ce qui permet d’escompter de l’avenir beaucoup de satisfaction. Les agriculteurs kabyles aiment leur terre, l’entretiennent comme il le faut et l’irriguent normalement avec de l’eau propre, fournie par les retenues collinaires et les barrages qu’elle a en nombre. Et en plus, ils ne mettent pas dans leurs humus des OGM et des pesticides empoisonnés. C’est vrai que la Kabylie n’est pas propice, pas son relief accidenté et ingrat, au travail de la terre. C’est ce qui a forcé ses enfants, naguère, aux émigrations à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Aujourd’hui, qu’on demande aux producteurs de la région d’utiliser les méthodes modernes d’exploitation agricole, c’est quelque part normal. Mais faute de moyens, comment utiliser le compte-goutte et tout autre système dont la finalité est d’attendre une-plus value qui soit économiquement porteuse. Qu’à cela ne tienne, les services agricoles se doivent d’aider les intervenants locaux, par l’ingénierie, à mieux voir comment moderniser leurs démarches. Mais moderniser, n’est pas à prendre exemple sur d’autres pays, qui commencent à revoir leurs méthodes, en revenant à des formules anciennes. La seule recette qui soit viable pour l’agriculteur de montagne, de piedmont ou de plaine est celle qu’il a héritée de ses ancêtres, il n’y en pas d’autres. Il se peut que les méthodologies scientifiques ne soient pas celles qu’il faille suivre dans ce cas de figure, mais celles qui ont montré leur efficacité. Aujourd’hui qu’il existe une parade aux anciennes et nouvelles méthodes, par des innovations qui ne sont pas les meilleures, ni pour l’agriculture et l’agriculteur, ni pour la santé du consommateur, il faudrait certainement revoir ces systèmes en fonction de ce qu’ont a appris au berceau.

S. A. H.