Une centaine d’artisans de 24 wilayas du pays sont attendus à partir de lundi prochain au plus grand Salon de l’artisanat, qu’abritera la wilaya de Tizi-Ouzou.
La 10e édition de ce Salon national qu’organise annuellement l’Assemblée populaire de la wilaya de Tizi-Ouzou, en collaboration avec la Chambre de l’artisanat et des métiers, se tiendra, donc, du 8 au 13 octobre courant, au niveau du jardin colonel Mohand Oulhadj. Pas moins de 27 activités artisanales seront mises en relief à travers les stands d’exposition. Il s’agira principalement de produits locaux, comme le bijou et la robe kabyles, la poterie, la vannerie, le tapis, la sculpture sur bois et sur roche et bien d’autres créations propres à la wilaya. Il est aussi question de produits artisanaux d’autres wilayas, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Centre du pays. Les visiteurs auront, au jardin colonel Mohand Oulhadj, toute la latitude de découvrir l’artisanat algérien dans toutes ses variantes et spécificités. A cet effet, les organisateurs ont tracé un programme qui s’étalera sur une semaine. Après l’ouverture officielle, prévue à 10 heures, les invités seront amenés à visiter les stands garnis de différents produits et créations. Au deuxième jour, en plus de l’exposition-vente qui sera maintenue tout au long de la manifestation, il est prévu, en parallèle, des campagnes de sensibilisation par des organismes d’appui et d’accompagnement, tels que la CASNOS, les impôts, l’ANGEM et la DAS. Les représentants desdits organismes iront cette fois-ci à la rencontre des exposants et du public, en vue d’établir des contacts directs avec eux. A signaler que l’événement sera clôturé le 13 octobre avec une cérémonie de remise d’attestations à l’ensemble des participants.
Des métiers et des contraintes
Si ce genre d’événement promeut ce créneau qu’est l’artisanat, il n’en demeure pas moins que des difficultés de taille freinent considérablement son développement, voire sa pérennité. Le manque de matière première et sa cherté, la concurrence déloyale des produits d’importation et de contrefaçon et le manque d’espaces de commercialisation, de maisons de l’artisanat et de formations font que plusieurs produits artisanaux, qui étaient jusque-là le gagne-pain de centaines de familles et la fierté de toute une wilaya, sont menacés de disparition, à l’instar du bijou d’Ath Yenni, la poterie de Maâtkas et le tapis d’Aït Hichem, pour ne citer que ces trois produits. A titre d’exemple, les bijoutiers d’Ath Yenni se plaignent depuis de nombreuses années du manque de matière première et de sa cherté au marché parallèle, en plus de la concurrence des produits d’importation et contrefaits : «À Ath Yenni, quand le bijou va, tout va», disait un artisan rencontré lors de la dernière édition de la Fête du bijou. Un dicton qui renvoie à une citation l’économie qui dit que «lorsque le bâtiment va, tout va». C’est comprendre que le bijou est aussi important à Ath Yenni et Tizi-Ouzou que l’est le secteur du bâtiment dans l’économie. «Nous faisons face à des problèmes monstres, à commencer par l’indisponibilité de la matière première. AGÉNOR ne nous procure plus ces matières depuis 2012. C’est le privé qui en vend, mais à des prix exorbitants. Le coût d’un kilo de corail s’élève 8 millions de centimes et celui de l’argent dépasse les 10 millions de centimes. Les montants de la location, les différents frais, les impôts en plus de la concurrence déloyale des marchands ambulants, qui proposent des produits contrefaits à des prix dérisoires, font que nous nous roulons les pouces à longueur de journée», regrettera le bijoutier. Les potières de Maâtkas mettent en avant les mêmes contraintes : «Nous n’avons ni tour, ni four, ni encore moins de la matière première. Nous continuons à travailler de façon traditionnelle. Nous attendons que les clients viennent jusque chez nous pour acquérir un pot ou une cruche, puisque nous n’avons aucun espace dédié à la vente», a déploré une des vieilles potières de la région. C’est dire que les responsables du secteur ont beaucoup de travail à faire pour assurer la pérennité et la rentabilité de l’artisanat.
Hocine T.

