Indubitablement, la fête du Mawlid ennabaoui de cette année qui coïncide avec ce mardi, coûtera trop cher pour les familles. Contrairement aux années précédentes lorsque l’Algérien se permettait en cette occasion un repas copieux, cet événement ne sera marqué que symboliquement : quelques gâteaux et des bougies. En effet, la flambée des prix observée à l’échelle nationale n’a presque épargné aucun coin d’Algérie. A Draâ El Mizan, pour ne citer que cette localité dans le sud de la wilaya, les légumes et les fruits ne cessent d’augmenter. A la veille de cette fête religieuse, nous avons revisité le marché central. Comme à l’accoutumée, on aurait dit que l’Algérie ne produit pas assez : haricots verts à 200 dinars, pommes de terre entre 40 et 55 dinars, poivrons à 150 dinars… et la liste ne peut être toute énumérée. Quant aux fruits, il ne vaudrait mieux pas annoncer leurs prix car sinon, on risquerait de provoquer des frénésies au niveau du ventre. En tout cas, la région n’a jamais vécu une flambée d’une telle intensité, depuis des années. L’autre remarque que nous pouvons faire est celle de la pénurie du poulet. Effectivement, depuis l’interdiction de la vente de la volaille au marché, cette viande blanche vendue uniquement au niveau des boucheries est devenue un produit rare. Bien que celle-ci soit vendue chez les bouchers, son prix dépasse l’entendement : entre 260 et 280 dinars le kilo. D’aucuns nous disent que son prix pourrait atteindre les 350 dinars car les poulets manquent en ce moment. Pour cet événement, de nombreuses familles vont se passer de couscous. La fête est pour les enfants, car on a mis à leur disposition des gammes de pétards, en provenance des pays asiatiques on ne sait de quelle manière. Heureusement, il existe encore ici et là, des gens pieux qui pensent tout de même à ces orphelins en organisant des circoncisions au profit des enfants nécessiteux accompagnées généralement de « waâda ». Un autre événement encore raté par les citoyens.
Amar Ouramdane
