Certains villages, bien que non concernés par le concours « Rabah Aïssat » du village le plus propre, travaillent dans l’ombre, sans attendre de récompenses s’agissant de l’amélioration de leur cadre de vie. C’est le cas de Tillilit, un village situé à quatre kilomètres à l’ouest du chef lieu d’Aïn El Hammam. Il est l’une des rares agglomérations de la région à prendre en charge les besoins de ses habitants grâce à la multiplication des actions de volontariat et d’entraide, comme au temps des anciens. Les travaux d’intérêt général, devenus routiniers, ne cessent jamais à l’intérieur ou aux abords du village. Un portique marquant l’entrée du village vient d’être réalisé en béton armé. Il devrait, une fois terminé, porter toutes les indications nécessaires telles le nom du village, l’altitude, la température ambiante et autres. Le cimetière, entretenu périodiquement, bénéficie d’un mur de confortement de soixante dix mètres en construction en ce moment. Doté d’un comité de village des plus actifs du ârch Ath Menguellet qui comprend plus d’une vingtaine d’agglomérations, Tillilit se distingue par plusieurs autres réalisations avec l’aide de l’APC dans le cadre des PCD (plans communaux de développement). Nous citerons le foyer de jeunes, plusieurs plates-formes dont la principale qui offre une multitude de places de stationnement, est utilisée également pour l’installation de chapiteaux à l’occasion des fêtes célébrées à l’air libre. Les eaux pluviales, un problème crucial à une époque, a été réglé définitivement, grâce à un système d’avaloirs qui évacue l’eau de pluie ou de fonte des neiges, vers les champs. Ainsi les rues bétonnées demeurent au sec quelle que soit l’importance des intempéries. Les bonnes intentions ne manquent pas. Cependant, les projets du village nécessitent une cagnotte plus importante que celle qui lui est attribuée annuellement par la mairie. La caisse commune ne peut satisfaire qu’aux dépenses les plus urgentes, et on ne peut avoir recours, plus que de raison, à la contribution des habitants. Nul besoin de citer la propreté des ruelles que les riverains, des femmes particulièrement, entretiennent sans calcul. Des gestes banals et réguliers, hérités des anciens. Les villageois, jaloux des coutumes ancestrales, adhèrent en masse aux décisions prises en assemblée générale, dans l’intérêt de la communauté. De nombreux villages, comme Tillilit ou leur voisin d’Aourir, qui activent sans « tambour ni trompette », loin des feux de la rampe, mériteraient plus d’attention de la part des responsables locaux. Leurs efforts n’ont d’autre but que d’offrir un environnement sain à leurs enfants avec leurs maigres moyens. Les autorités devraient penser à les encourager au niveau local. Ce qui inciterait aussi, leurs voisins à imiter leur exemple.
A. O. T.
