Les villageois de Tadert Ledjdid, dans la localité de Raffour, ont commémoré dernièrement le déclenchement de la guerre de libération nationale et la destruction de leur village en haute montagne, dans la commune de Saharidj. Une occasion qui les a rassemblés sur la terre de leurs grands-parents, sachant que la majorité vit, actuellement, à Raffour, dans la commune de M’Chedallah. Avant d’observer cette halte commémorative, les villageois ont, d’abord, procédé à la restauration de leurs anciennes demeures où ils ont séjourné depuis la veille du premier novembre. Témoignages de seniors qui ont vécu la guerre de libération, levée du drapeau, tirs de salves à minuit, récitals de poésie révolutionnaire, riche exposition de photos des martyrs du village et leurs biographies… : plusieurs activités ont été concoctées pour l’occasion. Des activités quelque peu perturbées par les violentes pluies, mais clôturées par le dépôt d’une gerbe de fleurs au carré des martyrs de Tadert Lejdid et d’une collation collective. En marge de la cérémonie, le chef de daïra, visiblement ému en écoutant un bref historique révolutionnaire de ces montagnes, dira que ce genre de commémoration qui retrace le parcours révolutionnaire sert de ciment pour l’unité du peuple qui a vécu les mêmes atrocités et brimades aux quatre coins du pays. Selon lui, ces cérémonies doivent aussi servir d’exemple pour les futures générations pour la sauvegarde du pays. En quittant Tadert Ledjid, le commis de l’État en compagnie de sa délégation s’est dirigé vers le village Selloum, dans la commune d’Aghbalou, qui a aussi organisé un cérémonial pour la même occasion. À noter que l’ensemble des villageois de la daïra de M’Chedallah, notamment ceux déportés par les forces coloniales entre 1957 et 1959, ont concocté des activités commémoratives dans leurs anciens villages. Pour rappel, en 1957, les forces coloniales ont carrément rasé trois bourgades de la région, dont Tadart Ladjdid et Ighzer Iwakuren, et ont déporté leurs habitants.
Oulaid Soualah
