Normalisation des hôpitaux

Le ministre de la santé l’a annoncé à la fin de la semaine dernière : désormais, les malades ne seront plus autorisés à apporter leurs draps, leurs couvertures et leurs oreillers et leurs familles ne pourront plus leur apporter leurs repas ! Enfin, comme dans les autres hôpitaux du monde, ce sont les hôpitaux qui s’acquitteront de ces tâches ! Combien de visiteurs étrangers se sont étonné, en rendant visite à des malades de voir, à midi, les familles se bousculer, à l’entrée des services, avec des paniers ou des gamelles. Il est vrai que chez eux, c’est des fleurs ou des fruits qu’on offre aux patients, pas des steaks ou de la soupe. Il est vrai qu’il y a des services de restauration dans les hôpitaux, avec des budgets qui leur sont affectés, mais la nourriture servie est soit insuffisante, soit inadaptée au type de maladie : les familles sont alors obligées d’intervenir, et seuls ceux qui viennent de loin et qui n’ont ni amis ni parents sont contraints de manger ce qu’on leur sert. Et encore, la solidarité jouant, les malades partagent entre eux ce qu’ils ont ! On ne visitera donc plus les malades avec des paniers, seulement, s’inquiètent les malades et leurs parents, la nourriture servie sera-t-elle de qualité ? Les régimes –sans sucre, sans graisse, sans sel etc. – seront-ils respectés ? Et la literie qu’il sera également interdit d’apporter sera-t-elle disponible ? Les draps seront-ils régulièrement désinfectés, pour qu’ils ne soient pas source d’infection ? Mais il n’y a pas que la literie et la nourriture : il y a aussi les médicaments, les pansements, le sang et toute une série de produits que le malade doit actuellement fournir. A quand une vraie et totale normalisation de nos hôpitaux ?

S. Aït Larba