M'Chedallah – Le réveil des cours d'eau

Depuis 2004, soit depuis le retour du cycle humide qui s’étale sur 36 ans, les perturbations climatiques et les réactions violentes des éléments naturels s’en vont crescendo. Aussi, la totalité des cours d’eau de la région de M’chedallah et de toute la vallée du Sahel tels que Assif Sahel, Assif Assemadh et Assif Rana dans la commune de M’chedallah, Assif Aghbalou (Tikdiriden) et Assif L’gazouz dans la commune d’Aghbalou, Assif de Sidi Aissa dans la commune d’Ahnif et enfin Assif Oumarigh dans celle d’Ath Mansour pour ne citer que les principaux cours d’eau de la circonscription de M’chedallah, se sont de nouveau réveillés et sont rentrés en crue. Le phénomène est surtout visible durant la saison humide qui s’étale sur une bonne moitié de l’année. Il est aussi fréquent d’assister à des crues hors saison, et ce, suite aux forts orages pouvant avoir lieu durant la période estivale. Chacune de ces crues provoque sa part d’érosion sur les anciennes zones inondables d’il y a plusieurs décennies. D’ailleurs un dicton Kabyle souligne bien cet état de fait : « Revain issegasen assif adh yughal gher laslis » (après 40 ans, le cours d’eau revient à son lit primitif). Il y a lieu de signaler que durant les 36 ans passés du cycle sec, le tissu végétal a pris possession des lits d’oued à l’exception du milieu au niveau duquel se produisent de rares crues durant cette époque. Bien plus grave, même des riverains se sont accaparés en plusieurs endroits de ces anciennes surfaces inondables, pour s’adonner à des activités agricoles, telles que les labours et semences céréalières, plantations d’arbres fruitiers, et même ériger des constructions en dur à caractère d’habitation ou des enclos pour le cheptel. Nul besoin d’être un spécialiste en hydraulique pour savoir que tout ce qui a été réalisé à l’intérieur de ces zones inondables d’ailleurs bien délimitées par les crues et l’érosion, sera emporté un jour ou l’autre. Et les exemples ne manquent pas. L’on peut citer les nombreux pylônes électriques en acier, emportés par une crue d’Assif N’sahel en 2015, à proximité d’Ath Vouali, au lieu dit Thaghzouth n’Ath Mansour. Aussi des dizaines de pieds d’oliviers ont été emportés par les eaux en furie de la même rivière. Le pont récemment aménagé un peu plus haut dans la commune de M’chedallah reliant son chef-lieu à partir de la RN5 à Aharrach au sud de Raffour, a été sérieusement endommagé en début de ce mois de septembre par une violente crue. En 1973, le pont de la RN30 qui enjambe Assif N’sahel, à proximité du carrefour d’Ahnif, a été carrément emporté. A l’heure actuelle, ce même cours d’eau se rapproche dangereusement du village Ighrem duquel il est à moins de 60 mètres par endroits. Et ce ne sont pas les petites corrections torrentielles qui pourront arrêter la furie des phénoménales crues d’Assif Sahel. L’actuel chef de daïra de M’chedallah a mis sur pied une commission technique durant le mois de septembre aux fins de recenser les points noirs sur ce volet existant dans la circonscription. Il reste à espérer que le nécessaire soit fait pour écarter le danger que représentent ces crues qui prennent de plus en plus de volume et qui sont une menace réelle pour les riverains de ces cours d’eau.

Oulaid Soualah