Les étudiants en chimie, inscrits au département des sciences de la matière, à l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira, ont enclenché hier, un mouvement de grève illimitée.
Les étudiants protestataires, réclament à travers cette action plus de moyens pédagogiques pour cette spécialité. Ils affirment que la spécialité en question, est dépourvue d’enseignants spécialisés, de laboratoires et de moyens d’expérimentation et de pédagogie : «Nous manquons d’abord d’enseignants spécialisés, et la majorité de nos encadreurs sont issus d’autres départements et spécialités. Certains modules importants ne sont pas assurés en raison d’absence d’enseignants. Nous n’avons pas de laboratoire de recherche ou pour les travaux pratiques. Les étudiants en fin de cycle n’arrivent toujours pas à dérocher des stages pratiques dans la wilaya de Bouira, et ne sont toujours pas acceptés dans des usines d’autres wilayas, en raison de la qualité médiocre de notre formation», nous dira un étudiant en deuxième année chimie, que nous avons abordé hier. Selon notre interlocuteur, une plate-forme de revendications a été transmise dès le début de l’année universitaire, au doyen de la faculté. Il a été informé de cette situation, sans pour autant réagir pour régler ces problèmes d’ordre pédagogique. «Notre département manque du stricte minimum. Nous réclamons une prise en charge réelle de ces revendications légitimes, car nous aspirons à une formation de qualité, qui va nous permettre d’accéder au monde de travail. Les laboratoires ne sont toujours pas équipés et ne disposent même pas des produits chimiques nécessaires pour les expérimentations pédagogiques, sans parler des sorties pédagogiques inexistantes depuis l’ouverture du département !», s’emporte notre interlocuteur. Les étudiants grévistes ont interpelé le ministre de l’Enseignement supérieur, M. Tahar Hadjar, pour intervenir et assurer de meilleures conditions pédagogiques et de formation. Il faut préciser par ailleurs, que les étudiants du département maths et informatique (MI), relevant de cette même faculté, n’ont toujours pas repris les cours. Un retard également dû au manque d’enseignants spécialisés. Cette situation touche plus particulièrement les étudiants de première année, qui à ce jour, n’ont toujours pas rejoint les amphithéâtres et aucun cours de cette filière n’a été dispensé, malgré l’affichage par l’administration du planning des cours et des modules.
Protestation nocturne à la résidence Amrouche Ahmed
Les étudiants résidents de la résidence universitaire pour garçon «Amrouche Ahmed» du centre-ville de Bouira, ont protesté durant la soirée d’avant-hier dimanche, à l’intérieur même de cette cité, afin de dénoncer ce qu’ils ont qualifiés de «dégradation des services de la restauration au sein de cette résidence». Les étudiants protestataires qui ont procédé à la fermeture de l’unique restaurant de cette résidence durant plusieurs heures, ont réclamé l’amélioration des conditions d’hébergement au sein de cette cité, ainsi que le renforcement des agents d’entretien et du restaurant. Selon ces étudiants, le service de restauration demeure dégradé et ne fonctionne pas convenablement et que la qualité des plats servis demeure médiocre : «La cité est surchargée et l’unique restaurant dont nous disposons ne peut plus prendre en charge tant de résidents. Les soirées, pour servir un seul repas, les étudiants subissent de longues files. L’attente peut prendre plus d’une heure de temps, car une seule chaîne est ouverte ! Et au final, les étudiants n’ont droit qu’à un simple plat de résistance avec un pot de yaourt. L’hygiène manque énormément à l’intérieur comme à l’extérieur du restaurant, et même à l’intérieur des pavillons. Le restaurant manque de chaises et de tables et même de cuillères !», nous a expliqué hier un étudiant de cette résidence universitaire. Notre interlocuteur a affirmé que les étudiants sont déterminés à mener à bout leur protestation, et ce, jusqu’à l’intervention du directeur des œuvres universitaires de Bouira : «Nous réclamons des conditions dignes et notre droit à une prise en charge convenable à l’intérieur de la cité !» a-t-il ajouté.
O. K.

