Rien ne va plus à Bordj Ménaïel, une localité située à une quarantaine de kilomètres à l’Est de Boumerdès.
Les habitants sont durement pénalisés par un manque en tous genres. Ces dernières vingt années, pas de grandes choses réalisées pour faire face aux besoins d’une population en constante évolution. Cette ancienne commune de la région compte 76 400 habitants répartis dans les 27 villages et le centre ville. Selon le P/APC, l’hôpital de Bordj Ménaiel enregistre une cinquantaine de naissance chaque semaine et si l’on calcul ce chiffre sur cinq ans on trouvera que la population augmente rapidement alors que sur le terrain on n’a rien préparé notamment des infrastructures d’accompagnement. D’ailleurs, cette localité fait face à un grand déficit en matière d’établissement scolaire particulièrement du primaire. Elle compte 29 écoles primaires à travers son territoire. La plupart des écoles sont dégradées et datent des années 1970. Certaines écoles nécessitent à elles seules un budget de 10 millions de dinars pour être réhabiliter, alors que l’Etat nous a octroyé 49 MDS pour la réfection de ces lieux de savoir. Les projets inscrits au profit de la localité sont soit à l’arrêt soit en retard de réalisation. C’est l’exemple du projet groupe scolaire à la nouvelle cité des 800 logements qui traine depuis plus d’un an. Les travaux n’ont pas atteint le taux de 30 %, et on a donné le mois de février de l’année prochaine comme dernier délai de réception. Les élèves de cette cité continuent à étudier au niveau des classes en préfabriqué implantées au site des chalets BCR où ils ont grandi, avant d’être relogés en début de l’année. L’APC se charge de leur transport. Mais devant le manque de bus de ramassage scolaire, la tension est visible partout. L’APC dispose de 10 bus dont six (06) tombent souvent en panne. «Nous avons signé un contrat avec un mécanicien pour la réparation de notre parc roulant», nous dira Rabah Derridj, le P/APC de Bordj Ménaeil. «Nous avons un manque flagrant en matière de bus de ramassage scolaire. Notre commune compte 17 villages et 29 écoles primaires anciennes qui nécessitent la réhabilitation au niveau notamment de l’étanchéité», a-t-il ajouté. La commune a bénéficié de six projets de réalisation de groupes scolaires dont deux au niveau de 800 logements et à la cité AADL. Les travaux trainent depuis plusieurs années et certains ont été touchés par le gel. Les constructions illicites sont encore un autre problème de taille dans cette commune qui connait une augmentation démographique rapide. Le plus grand bidonville de la région, Bastos en est un exemple édifiant. Près de 800 habitations précaires y sont recensées et les habitants vivotent dans des conditions inhumaines. « L’Etat a programmé une opération de réalisation de 300 logements pour reloger les occupants», nous affirme le P/APC. Le projet de 60 logements Oasis piétine toujours depuis une quinzaine d’année. Les soixante familles sinistrées du séisme de 2003 sont dans le désarroi total.
15 vieilles bâtisses menacent ruine
Le projet de 130 logements LPA toujours à l’arrêt et risque même de ne pas voir le jour en raison des difficultés avec le promoteur jugé défaillant par le premier responsable du logement lors d’une rencontre entre le wali, les directeurs exécutifs, élus et sociétés civiles au niveau du CFPA de Bordj Ménaeil. Le nouveau pôle urbain de 40 hectares projeté dans la région risque de ne pas voir le jour, en raison de l’opposition des services agricoles. La région à une vocation agricole importante, elle s’enorguellit d’une superficie de 686 000 hectares dont 60 % pour la culture de la vigne avec 150 exploitants de différents produits. Les traces du séisme de 2003 sont toujours visible quinze ans plus tard. Le sud-ouest de la commune est très concentré en population et habitations. Alors que la zone nord-est est vierge. D’ailleurs, les autorités estiment à 16 milliards de dinars la restructuration de cette zone qui va désengorger la ville. Le visiteur au centre-ville constatera de visu que les stigmates de cette catastrophe naturelle sont visibles en plusieurs endroits, notamment au niveau du boulevard Colonel Amirouche. Le problème d’héritage de ces bâtisses construites durant l’époque coloniale en est la raison qui fait qu’elles ne sont ni démolies ni reconstruites. Le P/APC préconise de créer une commission au niveau de l’assemblée et de nommer un notaire, pour tenter de résoudre ce problème pour en finir avec le vieux bâti qui menace la vie des habitants et des riverains. Outre cela, la commune dispose de vieilles bâtisses non occupées qui servaient autrefois de sièges à plusieurs institutions notamment judiciaires. Certains cadres associatifs proposent de transformer ces bâtisses en lieux de culture et de théâtre. Le centre culturel actuel est délabré et la maison de jeunes de Boussbaa n’est pas exploitée en raison de l’absence d’équipements. Seule la bibliothèque du village Omar est fonctionnelle.
L’aménagement urbain fait défaut
Une enveloppe de 35 milliards de dinar dégagée en 2010 n’a pas suffit pour l’aménagement urbain dans cette commune à l’histoire tourmentée. Le responsable de la direction de l’urbanisme (DUC), a estimé le taux de réalisation de projet à 50 % et avance la fin de l’année en cours comme date limite pour l’achèvement des opérations d’aménagement urbain au centre-ville. Le projet a trainé. Il a été attribué en 2015 à une autre entreprise et les travaux avancent à pas de tortue. Les routes sont dans un état de délabrement avancé. A titre d’exemple, la route reliant le chef-lieu au village Omar en passant par l’oued El Besbès ou la route qui mène vers Tizi N’Ali N’Slimane sont à réaménager. Les routes des quartiers à l’image de Bousbaa sont également délabrées. Le wali, Mohamed Slamani, a déclaré que la wilaya est à côté des élus qui veulent relancer la roue du développement, avant de préconiser un plan d’urgence pour la région. Mais, de prime abord il faut consommer les budgets octroyés déjà pour avoir de nouvelles subventions, a-t-il dit lors de la rencontre du CFPA. Le wali a été catégorique. Preuve à l’appui : « on ne peut pas octroyer plus de subventions tant que celles accordées dans le cadre du FCCL ne sont pas consommées», a-t-il appuyé. «Il y a près de 43 milliards non consommés. Sur les 127 opérations inscrites, seules 25 ont été lancées », a-t-il affirmé. « Prenez contact avec le comité technique de daïra pour élaborer un plan d’action afin de relancer les programmes en souffrance, et inscrire de nouvelles opérations», s’est-il adressé aux élus de l’APC de Bordj Ménaïel, Legata, Cap Djinet et Zemmouri.
Youcef Zitouni

