Un cocktail de gnaoui, de blues et de rock

Partager

Impatient de retrouver son idole, Hocine Boukella (Cheikh Sidi Bémol), le public d’Alger centre, a été surpris par l’apparition de Nedjmaoui Ifrikia sur la scène de la salle El Mouggar, jeudi dernier. L’idée d’annoncer le rendez-vous par ce jeune groupe était à la mesure de l’évènement. Les neuf artistes invitent à écouter un florilège musical curieux mais sublime. Curieux par ses notes musicales qui nous promènent du Sud algérien, à travers le gnaoui au sud des Etats-Unis, par le country. La formation vagabonde et transporte avec elle les spectateurs dans le  » hal « , une sorte de voie spirituelle qui les amène également aux « jedib », ou transes.Une foule compacte occupait le devant de la scène pour danser. Les autres ont participé à la fête debouts, du début à la fin, en acclamant très fort le groupe par des ovations et des youyous.Djamil Ghoul au chant et au Goumbri (guitare électrique africaine), Abdelazziz Elksouri à la guitare électrique, Kerbel Mehdi, Lamari Lamine et Ben Arbi Zoheir à la percussion, Lamari Mohamed à la batterie, Kouadria Karim à la basse, Chehada M’hamed à la clarinette et Najdem Fethi au mandole et au violon ont offert un spectacle remarquable. Après une courte pause, les mélomanes du rock et du blues retrouvent leurs idoles. Comme de coutume, Hocine Boukella salue le public par  » Azul, salam aâlikoum « . Avant d’entamer la première chanson que le public revendique, sans cesse, « Makayen Walou », une chanson populaire qui retrace la vie d’un jeune “marginalisé” de la société. Très complice avec ses fans, El Ho les enchante en demandant à ses musiciens : Hichem Takout à la basse, Emmanuel Djemaï à la guitare, Ammar Mohali à la percussion et Hervé le Boucher à la batterie, d’exécuter le morceau. Pour cet après-midi du jeudi 13 avril, Cheikh Sidi Bémol a interprété des anciens et de nouveaux titres de ses albums dont  » El Bandit « , « Safina », « Win a win », « I don’t want to leave my bed” et autres. Jeunes et moins jeunes reprenaient en choeur ces morceaux, tout en réclamant d’autres. Bien que la fin du spectacle se soit annoncée trop tôt, le public sollicitait toujours son idole. Il est vrai que Cheik Sidi Bémol a été, cette fois-ci moins prolifique que d’habitude, mais le peu qu’il a présenté de son large répertoire, a marqué le rendez-vous.Le moins que l’on puisse dire sur cet artiste, est qu’il jouit d’une voix éblouissante qui s’adapte à tous les genres musicaux. Hocine Boukella n’est maître que par ses belles créations, et les mélomanes n’en demandent pas plus.

Fazila Boulahbal

Partager