La lente agonie d’une zone jadis florissante

Partager

Le mal connu, répertorié, et qui consiste en gros à l’impraticabilité de ses voies de communication en période hivernale pour cause d’inondations permanentes et de réseaux d’évacuation des eaux de pluie qui ne remplissent plus leur rôle, s’est compliqué depuis une année. Cet espace jouxtant le port s’est mué en véritable cauchemar pour l’ensemble des usagers et tient plus d’un champ de patate, raviné, creusé comme après un passage apocalyptique d’une pluie de météorites… En vérité, cette zone de dégagement du port se trouve complètement dépassée par un trafic en perpétuelle progression et des infrastructures qui n’ont pas été confortées, ni même entretenues depuis l’indépendance. Et pour ne rien arranger, la nature marécageuse des lieux fait que le sol s’affaisse. Certes, des travaux d’assainissement ont été lancés, mais avec une lenteur exaspérante à en juger par la réaction des riverains commerçants, nombreux, et qui de ce fait, sont acculés à prendre leur mal en patience ou à mettre la clé sous le paillasson. C’est notamment le cas de ce gérant de station-service, l’une des plus anciennes de Béjaïa et qui assiste, impuissant, du fait même de l’extrême difficulté que rencontrent les automobilistes à accéder à sa station, à l’érosion de son pouvoir d’achat. Pire, il est menacé de disparition car le Fisc et les caisses d’assurances ne se soucient guère de ses difficultés.Cette zone mérite assurément mieux car, outre l’évacuation des marchandises déversées par le port, elle abrite de petites et grosses entreprises au nombre desquelles figurent Naftal, la SCS, deux concessionnaires autos ainsi que nombre d’ateliers de mécanique… sans oublier la gare routière, ou plutôt ce qui en fait office, qui dessert la côte Est, Tala Hamza, Barbacha, Amizour… C’est en définitive, toute une ribambelle d’activités et donc d’emplois qui risquent de disparaître, si rien n’est fait dans l’immédiat, avec en prime ou paradoxe : le port qui affiche un dynamisme sans cesse croissant, visant même et c’est loin d’être utopique, la première place sur le plan national, risque de revoir ses ambitions à la baisse par manque de débouchés d’évacuation et d’un réseau routier officiant à proximité même des portes de sortie ! Un conseil à ceux qui, curieux, s’aviseraient à traverser cette zone en hiver, au moment où les routes sont noyées par les eaux pluviales, ne les empruntez sous aucun prétexte ! Les eaux cachent souvent des cratères impressionnants. Beaucoup s’y sont essayés et ont laissé des plumes, ou plutôt une partie de leur véhicule…

Mustapha Ramdani

Partager