Sens du 20 avril

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Comme le 24 février, comme le 5 octobre, le 20 avril est une date historique dans l’histoire de l’Algérie indépendante. En effet, contrairement à ce que certains veulent faire entendre, ce n’est pas un événement qui concerne la seule Kabylie mais un événement à portée nationale, et, au-delà maghrébine. Longtemps, en effet, la question berbère a été frappée de tabou : la langue comme la culture n’étaient envisagées qu’en tant que patrimoine, c’est-à-dire produit du passé, qu’on exhibait lors des manifestations folklorique ou alors, comme c’était et comme c’est encore le cas, chez nos voisins, comme attraction touristique. Pas question de voir en elle des productions vivantes, capables de servir de moyen d’expression ou encore de véhiculer la pensée moderne, de servir de canal de diffusion des connaissances, notamment par le biais de l’école. Le Printemps berbère a posé ces revendications et le combat de toute une génération de militants, d’étudiants, de lycéens, de travailleurs, d’hommes et de femmes, est parvenu à arracher des acquis. Non seulement pour tamazight mais aussi pour l’Algérie : ouverture démocratique, multipartisme, liberté de la presse…Et le plus grand acquis du 20 avril, c’est d’avoir engagé l’Etat algérien sur la voie de la démocratisation et du pluralisme. Si en 1980, on emprisonnait les militants de la langue berbère et l’on frappait d’interdit les écrits et la presse s’exprimant dans cette langue, aujourd’hui, c’est ce même Etat qui se charge, par ses institutions, de la défense et de la promotion de cette langue. Ce sont ces victoires et ces acquis que nous devons avant tout commémorer et fêter aujourd’hui. Dans la paix et l’allégresse !

S. Aït Larba

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