Après les records jamais égalés, jeudi dernier dans la matinée : 74,22 dollars pour le Brent de la mer du Nord, la référence des deux tiers du pétrole échangé dans le monde, dont le Sahara Blend algérien proche qualitativement du Brent, et 72,49 dollars pour le «light sweet crude», les prix du pétrole ont marqué une pause jeudi dans la soirée. La crise du nucléaire iranien occupe plus que jamais le devant de la scène «pétrolière», suite aux durcissements des positions du pays de Ahmadinadjed, quant à la poursuite de son programme nucléaire. Vient ensuite l’approvisionnement en essence aux Etats-Unis, dont les stocks diminuent de manière inquiétante. Les cours ont ensuite pâti de prises de bénéfices, et se sont repliés. Le Brent a clôturé à 73,18 dollars, en baisse de 55 cents, et le « light sweet crude » pour livraison en mai a reculé de 22 cents terminant à 71,95 dollars. Les analystes s’attendent toutefois à ce que ce mouvement de repli soit temporaire, avant une nouvelle poussée vers le seuil de 75 dollars le baril. «Les prix sont soutenus par la combinaison de tensions géopolitiques et de fondamentaux plus fermes sur l’offre et la demande», observe un analyste, relevant que le déclin des stocks d’essence aux Etats-Unis est contraire à la normale saisonnière. Il note «le risque grandissant d’une crise de l’offre dans un futur pas très éloigné». Le département américain de l’Energie (DoE) a fait état mercredi d’un recul généralisé des stocks la semaine dernière aux Etats-Unis. Les stocks de brut, de diesel et de fioul de chauffage ont reculé, alors que les analystes s’attendaient à une progression. Mais la principale source d’inquiétude est la chute de 5,4 millions de barils des stocks d’essence, plus de deux fois supérieure aux attentes, car ces réserves sont désormais 4,6% en dessous de leur niveau de l’an dernier à la même époque. «Cela montre que malgré le haut niveau de production et les prix élevés, la demande en brut et en produits raffinés reste suffisamment forte pour faire reculer les stocks, ce qui est particulièrement inquiétant avant la saison estivale des grands déplacements aux Etats-Unis», soulignent les analystes. Cette saison, de fin mai à mi-septembre, coïncide avec la période des départs en vacances des Américains, pic annuel de la consommation de carburant aux Etats-Unis. Le marché redoute une pénurie d’essence pendant cette période, alors que la production pourrait en plus être ralentie par l’entrée en vigueur de normes plus strictes aux Etats-Unis sur la composition de l’essence. Le marché restait aussi tendu en raison de la crise iranienne. «L’escalade des tensions entre l’Iran et les pays occidentaux sur le programme nucléaire de Téhéran a accru les craintes d’une réduction de la production iranienne si une solution pacifique venait à échouer», relève un expert. «Les incertitudes politiques en Irak, au Venezuela, au Nigeria et au Tchad s’ajoutent à la situation en Iran, et rendent le climat géopolitique extrêmement tendu», selon la même source.L’Iran pourrait riposter à toute sanction prise à son encontre en interrompant ses exportations -2,7 millions de barils par jour (mbj). Or le monde dispose actuellement de seulement 1,5 mbj de capacités excédentaires de production, ce qui serait insuffisant pour compenser une telle perte.
E. B et AFP
