Vendeurs de poissons : catastrophe naturelle

l Midi passé et ils sont toujours sur la placette publique du chef-lieu de la commune de Saharidj sous un soleil de plomb, arrosant avec de l’eau douce les quelques casiers des sardines non encore écoulées. « En aspergeant leur marchandise avec de l’eau, ils prolongent la durée de l’apparence de fraîcheur après que les blocs de glace qui l’accompagnaient ont fondu dès neuf heures du matin et les sardines commencent à pourrir de l’intérieur. Regardez leurs écailles, elles se détachent du blanc argenté ; à l’état frais le poisson vire au violet », s’exclame un habitué de la placette qui termine par « l’eau douce avec laquelle ces marchands vicieux arrosent leur marchandise sert aussi à diminuer l’odeur que dégage le poisson en voie de décomposition. Ce détour leur réussit toujours, ils écoulent leur marchandise jusqu’à la dernière pièce ». Avec l’envolée des prix du poulet qui frôle 260 da le kg, la viande rouge fraîche entre 600 et 1000 da, jusqu’au congelé qui affiche 450 et 500 da, les petites et moyennes bourses se rabattent sur le poisson. Vicieusement ces vendeurs de poissons, qui exposent leurs marchandises directement sous le soleil chaque lundi et jeudi sur la placette du chef-lieu de ladite commune, commencent au départ par afficher entre 100 et 120 da le kg avant de commencer à réduire le prix de 10 à 15 da, chaque heure qui passe, pour clôturer à 30 da et là, c’est la bonne affaire des citoyens pauvres, qui exposent ainsi, inconsciemment, des familles entières aux risques sérieux liés à la consommation de ce poisson « pourri », exposé pendant des heures aux rayons du soleil. N’est-il pas temps pour les autorités concernées de se pencher sur cette catastrophe naturelle qui guette quotidiennement plusieurs centaines de citoyens ?

O. S.