Mouloud Mammeri ressuscité

« Mammeri défricheur des savoirs », tel est le thème d’une table ronde animée par Ali Sayad, anthropologue, professeur et chercheur à l’université de Metz, France, Moussa Imerazen, chef de département de langue et culture Amazigh à l’université de Tizi Ouzou, docteur Said Chemak linguiste, qui a eu lieu avant-hier à 14 h au centre culturel de Bouzeguène, organisée par ledit centre en collaboration avec l’association culturelle Igelfan, et ce, dans le cadre de la commémoration du double anniversaire du Printemps berbère 1980 et du Printemps noir 2001. En effet les initiateurs de ce rendez-vous ont voulu marquer cette célébration d’une touche particulière et ce, en donnant l’occasion a l’assistance, qui est rappelons-le, nombreuse, l’occasion de côtoyer cette classe d’intellectuels et d’en prendre profit de leurs connaissances, que ce soit dans le domaine de l’anthropologie ou de la linguistique. Ainsi donc, Ali Sayad, ancien collaborateur de Mouloud Mammeri dans les années 70 au CRAP (centre de recherche en anthropologie de la préhistoire), s’est employé à expliquer l’engagement intellectuel et les activités militantes au sein du FLN combattant de cet écrivain et surtout défenseur de la culture berbère, ainsi que son important apport à la langue berbère, en composant sa grammaire. De son côté, Moussa Imerazen a donné un petit aperçu sur l’enseignement de l’Amazighité dans son département. Il a révélé que 2 doctorats et 6 soutenances en magistère sont prévus avant septembre ainsi, que 48 étudiants en 4ème année de licence. Quant au docteur Said Chemak, il a évoqué l’histoire de la langue berbère et les différentes étapes qu’elles a traversées à travers l’histoire, et la grande contribution de Mouloud Mammeri en composant thifinagh ou la grammaire berbère. Les communications ont été suivies d’un débat assez riche dans le sens où elles ont permis de répondre à toutes les questions des auditeurs.

Khadir Yacine