Le retour de la belle saison est toujours réjouissant. Qui, en effet, après les frimas de l’hiver, n’est pas heureux de se débarrasser des lourdes couvertures, des manteaux et autres laines ? Vive les chemisettes, les pantalons et les robes légères, vive aussi la nature en fête, les près chargés de pâquerettes, les monts verdoyants, les oiseaux qui pépient… De belles images de cartes postales, qui rappellent les pages des livres de lecture d’antan sur le printemps. C’est réjouissant, oui, et si beaucoup cherchent à profiter de ces belles journées, avant l’arrivée de l’été, qui, lui, étouffe par ses chaleurs caniculaires, certains se demandent justement ce que sera cet été. Sans pluie, pratiquement depuis deux mois, voire plus dans certaines régions, la sécheresse est à l’affût ! Et qui dit sécheresse, dit restrictions dans la production agricole et surtout manque d’eau ! Si dans les villes, le consommateur peut toujours espérer, bon an, mal an, voir son robinet couler, une partie de la journée, dans les villages, la baisse du débit des sources et des nappes qui aliment les puits est toujours dramatiques. C’est le manque d’eau, les chaînes interminables devant les fontaines, la nécessité, parfois, de parcourir de longues distances, à la recherche du précieux liquide. Et comme la charge de l’eau revient le plus souvent à la femme, c’est pour les montagnardes un soucis de plus, une corvée de plus. Du coup, la belle saison, le printemps radieux n’est plus aussi réjouissant qu’il paraît. Alors, prions pour que la pluie arrive… Et en bonnes quantités !
S. Aït Larba
