Le barrage de Tichi Haf, de par son importance pour la wilaya, il s’agit ni plus ni moins que d’étancher la soif de nos concitoyens, en alimentant par l’apport de 43 millions de m3 l’an, 22 communes du couloir de la Soummam d’Akbou à Béjaïa et d’irriguer les périmètres du Sahel sur 6400 ha, a reçu récemment la visite du premier responsable du secteur des Ressources en eau, M. A. Sellal, venu s’enquérir de l’état d’avancement des travaux du projet, qui comme certains autres disséminés à travers le territoire national est devenu la risée de tout un peuple ! Si le ministre s’est voulu conciliant à l’endroit de ceux qui, après l’opérateur historique, l’entreprise yougoslave hydryoteknika, la première à être intervenue sur le chantier et dont la présence sur le site (en février 1989), s’est avérée ultracourte, ont repris un projet en pleine déconfiture, pris dans une spirale sans fin de problèmes techniques. Le projet tout en cheminant cahin-caha est arrivé aujourd’hui à son terme ! Last but not least ! Le taux d’achèvement est de 98% pour le barrage en totalité et 97% pour le génie-civil. Seulement, comme l’a rappelé, M. Sellal, « le projet qui relève de l’épopée, n’absout en rien les responsables d’un projet de presque 20 ans ». Situé à 10 km au sud de la Soummam, près de Mahfoudha daïra de Seddouk, sur l’oued Bousselam, la capacité utile du barrage de Tichi Haf est de 75 millions de m3 et le volume régulable de 150 millions de m3. Financé au départ par le fonds koweïtien (FKD) à hauteur de neuf millions de DA koweitis, des considérations d’ordre politique surgies lors du premier conflit du golfe ont fait que les fonds sont arrivés à manquer. Globalement, le projet est doté d’une cagnotte de 5,32 milliards de DA, après 12 réévaluations successives (excusez du peu !). Aujourd’hui, 3,7 milliards de DA soit 71% de l’enveloppe ont été consommés !La mise à eau s’effectuera dès juin prochain. Mais ce n’est pas pour autant que l’eau provenant de cet imposant ouvrage de béton va couler des robinets d’Akbou, de Sidi Aïch ou de Béjaïa. Il reste toute la partie transfert ou adduction d’eau à réaliser. Le marché a été confié à l’entreprise italienne Astaldi qui s’est adjointe les services d’une entreprise de Tizi Ouzou (Haddad)Le premier jalon posé par ces deux partenaires a été le lancement des travaux de la station de traitement d’Aït Rzine que le ministre a honoré de sa visite. A noter que les délais proposés par les Italiens sont de 24 mois pour une enveloppe de 2,7 milliards de DA. Raisonnable selon les spécialistes interrogés et acceptable pour les populations qui auront au total attendu 18 ans.
Mustapha Rmadani
