Chômage oisiveté et… le reste

Dans les fins fonds de la kabylie, à travers ville et villages, le chômage touche quasiment toutes les couches sociales : pères de familles, célibataires, universitaire, femmes, handicapés…Si pour les « hittistes » citadins, s’adosser au mur en revendant cigarettes et cacahuètes est devenu une tradition par laquelle ils arrivent cahin-caha, à subvenir du moins à leur besoins les plus élémentaires, dans les rudes montagnes de Kabylie, les jeunes s’adonnent, en revanche, aux randonnées diurnes et nocturnes à travers les sentiers et routes où le sempiternel rêve de quitter le bled vers d’autres cieux plus cléments et généreux et évidemment au menu de toutes les confidences. Les jours de semaine, commes les week-end, les longues parties de dominos et de belote constituent les seules moments d’insouciance. Les connexions à internet permettent aussi des moments de rêve où la plupart des jeunes tentent de dénicher des amis virtuels en occident histoire de tisser des relations qui les aideraient à « déguerpir » comme ils aiment à le répéter. Ce sont particulièrement les universitaires qui sont légion dans la région et qui sont beaucoup plus tentés par l’émigration et l’internet demeure un excellent moyen pour cette catégorie de pouvoir arriver à le faire. La délinquance, la criminalité, la toxicomanie… fléaux qui étaient jadis des phénomènes exclusivement urbains, ont gagné aujourd’hui l’ensemble du milieu rurale en touchant la plupart des villages kabyles, autrefois havres de paix. Entre autres raisons de ce pourrissement de la vie quotidienne en milieu rural, c’est précisément ce chômage qui ne cesse d’aller crescendo. Des centaines de jeunes arrivent annuellement sur le marché de travail sans aucune perspective. En somme, ne dit-on pas que l’oisiveté est mère de tous les vices ? Aujourd’hui, nul ne peur réfuter que sans un nouvelle essor socio économique pour cette région rebelle de Kabylie, dans un authentique plan marshall pour ce grand territoire meurtri et déshérité, la paupérisation s’accroitra, sans aucun doute, d’une façon exponentielle. Et pour cela, nous devrons attendre… Godot.

Idir Lounès