Des émigrés posent le problème du rapatriement des dépouilles

Difficile, en effet, d’acquérir, par les temps qui courent, une place à destination de l’Algérie, à bord des différentes compagnies desservant la France et l’Algérie, que ce soit, Air Algérie, Air France, ou encore Aigle Azur.

Le port d’Alger est autant submergé. C’est dire tout l’attachement des Algériens à leur pays « malgré tout ! ». Le dernier mot n’est pas de trop, insiste ce père de famille qui débarquait hier, en fin d’après-midi, à l’aéroport Houari-Boumediène, en compagnie de son épouse et leurs deux enfants. « C’est la galère, à chaque voyage c’est comme ça : les retards et les emmerdements », fulmine cet homme d’un âge moyen. Il n’est pas le seul à dire ce qu’il pense de son voyage peu confortable. Quelques jeunes en provenance de Paris via Rome s’offusquent après avoir découvert que leurs bagages sont restés en Italie. « On a rempli des fiches et ils nous ont dit qu’on va les récupérer demain. Mais c’est dingue. On nous a changé d’avion et nos bagages ont été oubliés ! », répétait à qui voulait l’entendre, ce jeune visiblement très contrarié à l’idée de rentrer chez lui avec les mains quasiment vides. Il ne tenait qu’un sac dont le fin nylon laissait transparaître le boîtier jaune d’une bouteille de Ricard. Autre âge, autre souci, ce vieux, la soixantaine bien entamée, pose un tout autre problème qu’il souhaite faire parvenir « aux responsables ». Celui du rapatriement des dépouilles de nos ressortissants qui décèdent en France. « C’est un sérieux problème auquel nos pouvoirs publics doivent se pencher sérieusement, il y va de la dignité nationale. Pourquoi chez nos voisins, le Maroc et la Tunisie, c’est l’Etat qui prend en charge l’opération, et pour l’Algérie, ce n’est pas le cas ? A chaque fois que quelqu’un a un décès, c’est à lui de se débrouiller pour rapatrier le corps. Des fois, certains n’ont pas les moyens, alors c’est les comités qui cotisent pour lui, c’est quelque part blessant pour la personne », les propos sont de Akli Djerah, membre du comité de l’émigration de la commune de Boudjima en France qui regrette cet état de fait. « Nous avons déjà posé la question aux élus de l’émigration et ils nous ont promis de prendre en charge le problème mais depuis, plus rien, c’est regrettable. Espérons que l’Etat, lui, se penchera sur la question », ajoute-t-il. A peu près le même âge, son compagnon abonde dans le même sens : « Mais c’est un vrai casse-tête. Tout le monde sait comment on se retrouve quand on perd un être cher.

Et c’est dans ces conditions que vous devez vous débrouiller pour tout régler et ramener le corps. Imaginez un peu quelqu’un qui n’a personne pour s’ en occuper.

Moi, je ne suis pas obligé de le faire pour un autre comme cet autre n’est pas obligé de le faire pour moi, mais qu’adviendra-t-il alors du cadavre.

Vous pensez que c’est les Français qui auront de la pitié pour nous ? Sûrement pas et c’est leur droit, c’est à notre Etat de prendre en charge le rapatriement de ses fils qui décèdent ailleurs. « 

D. C.