Le musée Krim-Belkacem en attente d’un statut

La réhabilitation de certains lieux historiques a fait son petit bout de chemin ces dernières années. La « Hara » des Krim où avait vu le jour Krim Belkacem qui marquera par la suite l’histoire de l’Algérie, notamment durant la période de la guerre de Libération nationale et même celle du Mouvement national, a bénéficié de ce programme en 1999 suite, bien sûr, aux démarches entreprises par l’association Tarwa N’Krim Belkacem. Certes, la transformation de la maison natale de celui qu’on surnommait le « Lion du djebel », a été bien accueillie par la population et sa famille car, faudra-t-il le rappeler, durant des années, le nom de Krim était banni. Mais aujourd’hui, ce qui est attendu surtout du ministère des Moudjahidine, est de lui accorder un statut de musée, parce que, à la vue de ce lieu ô combien porteur d’une authentique histoire, on constate qu’il n’en est pas un. N’étaient les membres de l’association qui porte son nom, cet endroit serait à l’abandon. D’ailleurs, durant l’hiver de l’année 2005, quand les toitures de certaines chambres s’étaient affaissées sous le poids de la neige, il a fallu attendre une année entière pour que les autorités locales y engagent les travaux de réfection. « Il faudrait le classer dans la nomenclature des sites historiques. C’est un « musée » qui ne peut pas fonctionner de la sorte. Notre association n’a pas les moyens de l’entretenir. Nous demandons qu’il ait son statut de musée », nous avait déclaré lors d’une rencontre le président de l’association Tarwa N’Krim Belkacem. Interrogé sur une autre action possible pour rendre à Krim ce qui lui appartient, notre interlocuteur nous a répondu : « En plus de la concrétisation de cette demande, nous allons relancer l’idée de la réalisation de la stèle initiée à la fin des années 80 et début des années 90 ». Dans cette région qui s’est donnée corps et âme à la libération du pays du joug colonial, peu a été fait quand on sait que certains carrés de martyrs manquent d’entretien et de prise en charge. Même certaines inscriptions sur leurs pierres tombales ont disparu sous l’effet des saisons et le poids des années.

Amar Ouramdane