Nouvelles formes d’esclavage

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De plus en plus de jeunes montagnards, ne trouvant pas de travail, dans leurs villages et hameaux, vont dans les grandes villes : Tizi Ouzou, Bouira, Béjaïa, Alger, Oran, Constantine, et bien d’autres. Souvent sans formation, voire même sans niveau scolaire minimal, ils se font recruter principalement dans les chantiers du bâtiment, la restauration et le lavage-auto. Les patrons sont parfois originaires de leur région et sous prétexte de faire travailler des “compatriotes’’, les recrutent directement. Les salaires ne sont pas élevés mais les patrons garantissent à leurs recrues le gîte –en fait des réduits- et parfois au moins un repas –en général un casse-croûte. Si les citadins peuvent, en effet travailler et le soir, rentrer chez eux, ce n’est pas le cas des montagnards qui, eux n’ont pas où aller. Mais le gîte, accordé généreusement à une contrepartie : en plus du travail pour lequel il est payé, la recrue doit faire du gardiennage des locaux. Une façon pour le patron de ne pas recruter et payer de gardien de nuit ! Les jeunes ne sont pas assurés et ils perçoivent leur salaire en espèces : une façon encore pour les patrons de faire des bénéfices en ne payant pas de charges. Payés à la journée, les jeunes, pour gagner plus d’argent travaillent souvent sept jours sur sept sans observer de repos hebdomadaire : toute journée prise est automatiquement déduite du salaire. Un véritable esclavage dont les jeunes sont parfaitement conscients mais qu’ils acceptent de subir, parce qu’ils n’ont pas de choix : ou cela ou le chômage !

S. Aït Larba

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