D’aucuns n’auraient pensé que la barbarie des ravisseurs allait atteindre un tel degré de cruauté. Le plus irritant dans toute cette histoire dramatique, c’est que nul n’a pu encore cerné le mobile de cet abominable crime qui a jeté une inégalable indignation dans toute la kabylie et particulièrement dans la daïra de Maâtkas dont la population reste toujours sous le choc et n’arrive plus à s’y remettre ! Le dimanche 14 mai, par une belle journée printanière, le petit Ali et ses camarades se rendirent comme à l’accoutumée dans un champ sis à proximité d’un Oued pour chercher des perdrix et cueillir des nèfles. Il faut dire que l’endroit est extrêmement boisé. C’est là que le bambin a été enlevé à la faveur de la dispersion de ses copains qui, chacun de son côté, cherchait à dénicher une perdrix et ses petits. Et ce sont ses camarades qui ont alerté sa famille et les villageois du rapt de l’enfant pas un groupe d’individus qu’ils n’auraient pas reconnu. La nouvelle s’est répandue telle une traînée de poudre ! Au village, on commença à s’organiser. Le Comité du village convoque une Assemblée générale extraordinaire pour débattre de la situation, se solidariser avec la famille Hadjar et surtout se mobiliser. Les jours passaient sans que la moindre nouvelle arrive au sujet de l’affaire. Les services de sécurité enquêtent secrètement et efficacement. Les ravisseurs ne se sont pas encore manifestés pour éventuellement exiger une rançon en contre-partie de sa libération, c’est le silence radio ! Les villageois ratissaient tous les champs avoisinants et y compris dans le massif forestier d’Amjoudh. La solidarité et la mobilisation étaient inébranlables ! C’est au tour des autres comités de villages de venir prêter main forte à Agouni Boufal. Une coordination de ces comités est née pour la cause sous l’égide du P/APC, M. Mohamed Khalèche. Les déclarations de soutien fusaient de partout. Le club Irbset, la section locale du FFS…. Le samedi 20 mai, les représentants de la population de Souk El Ténine ont décidé une grève générale et d’un grand rassemblement populaire pour le lundi 22 mai, et ce après une réunion marathonienne. Dimanche 21 mai, une semaine après le rapt, toujours pas de nouvelles ! Dans l’après-midi du même jour, la population a appris l’arrestation de 04 présumés ravisseurs dont 02 sont natifs du même village que le petit Ali. L’espoir renaît ! Lundi matin, le mot d’ordre de grève générale était massivement suivi. Plus de 4000 personnes se sont rassemblées silencieusement au niveau de la placette publique de Souk El Ténine. Les Orateurs que sont le P/APC, les président des comités de villages exigeaient la libération du jeune innocent. Certains les imploraient même pour que le petit Ali soit rendu à sa famille sain et sauf ! La foule se disperse dans le calme et attend désespérément des nouvelles de l’arrestation des présumés kidnappeurs. Les interrogatoires ont duré environ 24 heures, et l’un des ravisseurs a craqué. 12h30 mn, on apercevait les Lands-Cruisers de la police judiciaire se diriger tout droit vers l’Oued d’où l’enfant a été kidnappé. On criait qu’un ravisseur était avec la police pour leur indiquait l’endroit où se trouvait l’enfant. On priait pour qu’il soit en vie. Tout le monde courrait derrière le cortège des services de sécurité. La situation était très angoissante et tendue ! La police arrive à proximité d’un puits et procéda à délimiter un périmètre de sécurité. On avait compris que le corps de la victime s’y trouvait. On retransféra le présumé criminel illicopresto vers la prison de crainte d’un lynchage public. Les éléments de la protection civile arrivent quelques minutes après la découverte macabre. On repêcha le corps angélique du petit Ali. Plus d’une centaine de personnes y ont assisté et parmi eux des proches du petit ! L’émotion était incontrôlable ! Beaucoup ont craqué en sanglots ! La triste nouvelle a aussitôt fait le tour de toute la daïra de Maâtkas ; l’indignation et la consternation a gagné même les communes voisines. Le choc ! L’impensable s’est produit. « Pourquoi ? » était pratiquement sur les lèvres de tous les citoyens ! « Comment consoler ses parents dont le petit était l’enfant unique ? », « Qu’ils soient condamnés à mort ! », « Qu’on les pendent ici à Souk El Ténine », clament tour à tour les citoyens. Le corps a été transféré au CHU de Tizi-Ouzou pour y subir une autopsie et déterminer les circonstances exactes de l’assassinat. L’enquête suit toujours son cours !
I. L
