Les familles des coupables demandent le pardon

Dans l’édition de mardi dernier le comité du village, par le biais d’une déclaration, avait condamné le meurtre du chauffeur de taxi du village Ibelkisen dans la commune d’Iferhounène, commis par deux jeunes de leur village : c’est autour des familles de ces deux coupables de venir non seulement dénoncer, condamner, mais aussi demander pardon. En effet, par une déclaration portant comme titre : « Deux démons se déguisent en humains », les familles des assassins, O. N. et O. M., commencent leur déclaration par : « Qui peut dire à son fils et frère d’aller tuer une personne que l’on ne connaît même pas ? Une question sans réponse, un acte barbare qui fait penser à un déluge suite à la malédiction qui vient de plonger deux villages de la Haute Kabylie dans un deuil total : Aït Ouabane et Ibelkisen ». Comparer ce qu’ont vécu ces deux villages à un déluge n’est qu’une juste comparaison car pour le village Ibelkisen, perdre un être comme Hamid est en effet un déluge qui s’est abattu sur la famille et le village. Pour le 2e village, AÏt Ouabane, c’est aussi un déluge qui s’est abattu sur les familles O, et même le village entier, car les citoyens de ce village ont senti le coup au plus profond d’eux-mêmes que deux ou même un de leur citoyen soit responsable de cet acte qui dépasse « l’intelligence humaine et paralyse la conscience », comme l’ont écrit les familles. « Deux jeunes hommes du village Aït Ouabane, à peine âgés de 23 ans, mal dans leur peau, conduits par un acte criminel, horrible et satanique, appartenant à la nouvelle génération dont la plupart ignorent complètement les valeurs morales et la dignité des hommes de parole et des anciens de la Kabylie soudée ». Les deux familles se demandent « d’où sortent ces serpents venimeux qui ont lâchement assassiné un homme parfait, père de famille », C’est une montagne qui leur est tombée sur la tête. « Il n’y a, dans la vie, de situation pénible que celle de porter le nom qui unit l’innocent et le coupable d’un acte criminel », ont-elles écrit dans la déclaration affichée dans presque tous les villages de la région de Aïn El Hammam et Béni Yenni, dont une copie nous a été remise en main propre. Et de continuer : « Un coupable qui donne une mauvaise image d’une famille de fellah, propre, digne et simple à l’extrême, un acte qui vient d’empoisonner la confiance et qui plonge la pensée de plusieurs milliers d’êtres humains dans un silence profond ». Dans la déclaration, les familles des coupables comme elles se sont nommées, lancent « un appel à tous pour tisser les bons liens entre les familles de la victime et celles des coupables arrêtés », comme elles ajoutent dans leur déclaration, « présentons nos condoléances à la famille de la victime et nous aussi nous sommes blessés comme vous, comme nous condamnons sévèrement les coupables ». Ainsi, un acte irresponsable commis par deux jeunes, a non seulement endeuillé une famille, un village, mais trois familles et deux villages sans compter leurs proches et amis. « ll est temps aussi que les autorités, non seulement se penchent sur la sécurité du citoyen, mais aussi se mettent à sérieusement et réellement s’occuper de tous ces dealers de drogues et autres petits et grand vendeurs de ces matières qui ont été la cause de cet assassinat et de combien d’autres ; ceci, sans que les services de sécurité attendent que la population fasse des pétitions, ou demande assistance ou être remerciée car, après tout, les services de sécurité sont payés pour sécuriser le citoyen et son bien et le bien de l’Etat. Et que chacun fasse ce qu’il a à faire, et les brebis seront bien gardées comme le dit l’adage », nous diront les citoyens.

M. A. B.