»L’Etat est convalescent »

l Le tout nouveau ministre de la Communication, Hachemi Djiar, a rencontré hier, pour la première fois, les professionnels des médias non pas pour expliquer les projets du secteur, mais pour s’étaler sur le programme du président de la République. Devant une assistance nombreuse et en l’absence, étrange, des caméras de la Télévision nationale, Djiar s’est essayé à ce qu’il qualifie de « nouvelle orientation du gouvernement » qui consiste à vulgariser l’action de l’exécutif tout en se défendant d’être « le porte-parole ». Le ministre de la Communication s’est longuement attardé, en effet, sur le dernier conseil du gouvernement qu’a présidé Abdelaziz Belkhadem, qui n’a traité, en réalité, que deux sujets. Le premier a trait à la nouvelle « stratégie » de l’action gouvernementale qui est résumée en dix points détaillés, et le deuxième à la promotion de l’investissement. Considérant que l’Etat « est convalescent », Hachemi Djiar a tenté de justifier le pourquoi d’un refus, dit de manière très diplomatique, d’un refus d’ouvrir le champ audio-visuel au privé. Déclarant que « nous devons apprendre de l’expérience de l’ouverture précipitée de 1989 », le ministre propose plutôt d’aller vers « une ouverture réfléchie ». Pourquoi ? Parce que, selon le conférencier, notre pays « n’est pas prêt à la concurrence des grands groupes financiers internationaux ». Cela ne veut pas dire, selon lui, un recul en matière de liberté d’expression qui constitue, à ses yeux, « un choix irréversible », mais relève de « la prudence » pour ne pas « tomber dans l’anarchie des années 90 ». Voulant « dissiper les malentendus » qui existent entre le pouvoir et la presse privée, Hachemi Djiar a avancé que l’élaboration de textes de lois régissant la profession ne peut pas se faire « sans les professionnels ». C’est pourquoi, il préconise un dialogue pour plus de compréhension entre les deux parties. Comment ? Le ministre n’a pas indiqué la formule mais il veut arriver à un dialogue avec les médias, parce qu’il se dit convaincu que si « nous refusons l’ouverture, elle nous sera, de toute manière, imposée ».

Ali B.