La mort d’un dauphin, tué par des pêcheurs, a provoqué, il y a quelques jours, en France, la colère de Greenpeace, la célèbre organisation qui lutte pour la protection de l’environnement qui a réclamé l’interdiction des techniques de pêches meurtrières. Un drame similaire s’est produit chez nous, sans provoquer un tel tollé: le dauphin qui s’est échoué, la semaine dernière sur la plage de Sidi AIi Lebhar, à Béjaïa, a peut être également été tué par des pêcheurs, qui prennent souvent des cétacés dans leurs filets et qui, lorsqu’ils n’arrivent pas à les relâcher, les tuent. Il y a aussi l’hypothèse que le dauphin ait été victime de la poIlution provoquée par les intenses activités industrielles que connaît le port. Dans les deux cas, l’homme est responsable de la mort du cétacé et d’autres gros animaux marins, comme le cachalot ou le marsouin Or, en Algérie, comme dans le reste du monde, le dauphin est un animaI protégé parce que faisant partie des espéces menacées. Certes, le développement économique est une priorité pour un pays en voie de développement comme l’Algérie, mais celui-ci ne doit pas se faire au préjudice de l’environnement, dont l’importance est vitale pour la survie de l’homme lui-même. ll existe des techniques de pêche moins meurtrières et les usines doivent se munir de dispositifs anti-poIlution. C’est aux législateurs de définir les techniques et les dispositifs, c’est à la loi de sanctionner les contrevenants. Faute de protection, des dizaines d’espèces, au nord comme au sud du pays, ont disparu, d’autres, si on n’y fait rien, vont inexorablement s’éteindre. Déjà le lion et l’autruche n’existent plus que dans les contes… Faut-il que le dauphin, l’outarde ou l’antilope subissent le même sort ?
S. Aït Larba
