La forêt d’Akfadou est l’une des plus importantes de l’Afrique du nord. Mais sa préservation des intrus de tous bords tarde à venir.Située entre Bgayet et Tizi Ouzou, la grande forêt d’Akfadou est d’une importance indéniable. Depuis longtemps, elle demeurait le point incontournable des habitants de ces hauts lieux froids.Pendant la guerre de libération, les moindres coins de ces espaces ont servi de refuges pour les moudjahidines. La flore et la faune de ces bois sont incommensurables, d’ailleurs même les vieux n’arrivent pas à les nommer tous. Pendant la saison douce, les éleveurs de bétail consacrent la forêt et ses limitrophes comme prairies. C’est aussi un endroit propice à la chasse et aux balades des rares personnes, qui «osent» encore aller dans «Amadagh». Beaucoup d’encre à coulé, pour que ce massif forestier soit catapulté plus haut ; c’est-à-dire devenir parc national, mais la procédure a fait long feu. La négligence des citoyens et la «passivité» des autorités laissent cette richesse naturelle dans les mains des «intrus» de tous bords. En effet, on assiste à une chasse sans merci et à un déboisement démesuré.Des centaines d’arbres tombent, chaque jour, comme des petits jouets. Avec ce rythme, que deviendront ces espaces, d’ici quelques années ? D’une beauté paradisiaque, la forêt d’Akfadou peut être un lieu intéressant pour le tourisme. Mais, apparemment, cet aspect des choses, n’est guère pris au sérieux. «Chaque jour, je me dirige vers «Amadagh» pour couper les pieds droits à l’aide d’une tronçonneuse.Des fois, je faits tomber une centaine par jour. Je suis conscient du danger que cela peut provoquer dans la nature. Toutefois, c’est mon gagne-pain. Je ne peux guère m’en passer. J’ai deux gosses et je dois les nourrir, quand-même! Si j’avais le choix de travailler ailleurs, je ne dirais pas non», estime un jeune de la région. «Des fois, les gardes-forestiers font des virées dans les bois. Mais nous sommes des professionnels. On sait très bien où mettre les pieds», ajoute la même personne.Ce déboisement farouche fait de vrais dégâts écologiques. En effet, de grandes surfaces, jadis vertes, se retrouvent rasées, bonnes pour un stade de foot. «La forêt d’Akfadou doit bénéficier de plus de protection et d’intérêt», estime-t-on. Tantôt c’est le feu qui marque le ravage, tantôt c’est les hommes à la machine «dévastatrice». Chacun a ses raison d’être. Mais ce haut espace vert a aussi moult raisons d’exister. La nature tarde à devenir la préoccupation majeure des gens. Comme si elle représente un simple accessoire. En attendant, la belle forêt d’Akfadou continue de subir le laisser-aller de l’homme. Toutefois sa beauté est toujours là.
Mohand Cherif Zirem
