Inconscience est un faible qualificatif par rapport à ce qui se passe au niveau de ce chantier équipé de gros engins de travaux publics ininterrompu sur une route à grande circulation et au trafic interrompu. Opérant en terrain accidenté sur les flancs d’une importante colline que traverse la RN 30, et pour procéder au décapage en vue d’élargissement de celle-ci qui a bénéficié d’une importante enveloppe financière pour sa modernisation, un bulldozer de type D55 (l’un des plus gros engins de TP) procède au décapage en rasant profondément le flan de la colline, parallèlement à la route dont la circulation n’a pas été déviée et du côté supérieur du talus ; cet engin travaille à environ 20 m de hauteur par rapport à la route et produit de véritables avalanches composées de terre et de rochers, couronnés de nuages de poussières dignes d’une tempête de sable, aggravés par ceux produits par les chargeurs et pelles qui chargent les déblais sur des camions de gros tonnage stationnés à même la chaussée, ce qui produit un spectacle de champ de bataille avec une visibilité nulle. A noter que les rochers propulsés par leur poids et la pente du terrain atterrissent sur la route, ce qui oblige les usagers à slalomer parmi ses grosses pierres après s’être frayé un passage entre les engins du chantier évoluant dans une anarchie totale. C’est un miracle qu’aucun accident ne soit encore enregistré en ces lieux sachant que de nombreux motocyclistes (plus vulnérables) empruntent quotidiennement cette route pour se rendre et revenir du travail. Les ouvriers placés soi-disant en « vigile » pour veiller sur la sécurité des passants de cette voie, serpentant et toute de virages faite, incapables de résister à la poussière suffocante et ne pouvant que tenir de loin le rôle de spectateurs ; jusqu’aux plaques de signalisations du chantier qui font de l’ »à plat-ventrisme’, ne pouvant tenir debout devant les fréquentes rafales de vent qui balaient en permanence cette haute colline. L’entrepreneur, talonné d’abord par les délais de réalisation et tirant ensuite ses bénéfices de l’avancement rapide des travaux, pousse au maximum ses moyens mécaniques, ne pouvant s’offrir le luxe de tout arrêter à chaque passage d’un véhicule ou cycliste, ni même déblayer le chemin ; et c’est le « chacun pour soi » qui prévaut et qui durerait jusqu’à la fin du projet qui n’est qu’à ses débuts. La faute incombe aux autorités locales qui auraient dû pallier à cette prévisible situation. Une situation qui met en danger tous les usagers de la RN 30 et qui aurait pu être évitée si l’on avait pensé auparavant à réfectionner la route secondaire réalisée justement en prévision d’une raison ou une autre, et elles sont nombreuses, tels que les incendies des forêts importantes que traverse la RN 30, incidents sécuritaires ou autres éboulements ou obstruction par la neige fréquente sur cette route de montagne. Cette route secondaire, réalisée il y a moins de 10 ans et présentant même un raccourci, est presque hors d’usage faute d’entretien, particulièrement sur son tronçon dépendant de la commune de M’chedallah, soit de la ville de M’chedallah jusqu’au village Ath Yavrahim. Les automobilistes l’évitent à cause de sa dégradation avancée, avec plein de nids de poules et même la disparition carrément de goudron par endroits. Notons qu’en matière d’accidents, un gros engin de ce chantier (damper de carrière) a dans un moment d’inattention de son conducteur, quitté la route et dévalé la pente, ne s’arrêtant que quelques centaines de mètre plus bas. Si le conducteur est sorti miraculeusement indemne, l’engin a été ramassé « à la cuillère » soit en pièces non pas détachées, mais « froissées ».
Omar Soualah
