« Le printemps des poètes », semaine culturelle organisée à la maison de la culture de Béjaïa, dédiée entièrement à la poésie, a rappelé à notre bon souvenir « L’art poétique », ce livre de Boileau qui a servi pendant des siècles de vade-mecum pour plusieurs générations de poètes et d’écrivains. « L’art poétique » écrit en 1674, est la théorie classique en matière d’écriture. Les quatre chants qui composent ce livre didactique se penchent tour à tout sur la stylistique, l’histoire de la poésie française, les petits genres littéraires (idylle, ode, sonnet, satire), les grands genres (tragédie, épopée, comédie) et enfin sur l’idéal poétique et moral de l’écrivain. Cette théorie énonce des régles très claires que tout auteur épris de bon sens et de bon goût doit respecter. Selon Boileau, dans tout acte d’écriture, la raison doit primer, et la raison toujours chez lui, nous intime à copier et à peindre la nature. « Aimez donc la raison que toujours vos écrits empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix ». Ecrire, pour ce théoricien classique c’est chercher à plaire sans pour autant s’abaisser et s’avilir, c’est instruire sans être trop bavard ni précieux. « Le secret est d’abord de plaire et de toucher… Qu’en savantes leçons votre muse fertile. Partout joigne au plaisant le solide et l’utile ». « L’Art poétique » qui a emballé le Landerneau littéraire de l’époque, le libraire Barbin parle de « La règle des ouvrages du siècle », d’Alembert de « code des goût »… a suscité évidemment bien des hostilités. Les romantiques aussi bien les écoles des critiques modernes n’y voient qu’un joug dont il faut se défaire. Manifeste de l’école classique « L’art poétique » reste malgré tout un monument de la littérature française.
Boualem B.
