C’est une jeune peintre au talent puissant qui se développe. Au premier coup d’œil, ses œuvres sont éblouissantes et elles enivrent le spectateur ; elle, c’est la douée Hallem Zahia, âgée à peine de 30 printemps, originaire du village Aït Yakoub qui relève de la commune d’Irdjen. Elle a déjà peint des dizaines de merveilleux tableaux dans lesquels on distingue une originalité puissante et des sentiments profonds. Chez Zahia, nous constatons une nature ardente, un esprit vaste, une extraordinaire intelligence de la vie, toujours en éveil, mais aussi une transcription puissante et fidèle de la nature. Après un échec scolaire prématuré, elle commençait à découvrir en elle-même un don : celui d’interpréter sa vision des choses en des tableaux somptueux et pleins de sens. Toute petite, elle embellissait les murs de leur demeure par des dessins qui n’ont pas laissé indifférents tous ceux qui les ont vus. Aujourd’hui, le pinceau devient son « oxygène » à elle. Au centre culturel Hcène-Mezani, les amoureux de cet art ont eu l’occasion de découvrir et de contempler, pendant toute la semaine dernière, les toiles de Zahia. Une exposition qui a émerveillé tous les visiteurs. Les titres des tableaux montrent à quel genre ces derniers appartiennent. On contemplait, entre autres, Ifetiwejen N Unazur (les étincelles d’un artiste), Acmumeh N Lmutt (le sourire de la mort) ou encore la canne de la conscience, sur lequel on distingue un homme âgé, sur fond bleu, qui regrette sa jeunesse et qui se morfond à l’aide d’une canne. Zahia a une manière très poétique d’expliquer et d’argumenter ses œuvres, sans jamais tout divulguer, en laissant de la sorte l’admirateur creuser sa cervelle. Sa peinture est vitreuse et pointue, une imitation très fine et très intelligente de la vie. A travers ses tableaux, on peut apprécier dès lors la délicatesse de son pinceau, le naturel de son dessin et la perfection des détails. Elle n’a jamais peint pour un but commercial, du moment qu’elle n’a vendu aucune de ses toiles. Elle peint car elle est « née pour peindre ». Zahia est une artiste à encourager vivement, elle n’a fait ni les Beaux-Arts ni autres écoles du même genre, tout ce qu’elle réalise est le fruit d’un don qu’elle a toujours su exploiter exceptionnellement.
K. Fridi
