Après plus de six ans de démêlés avec leur tutelle, les 67 travailleurs de l’entreprise de construction et des travaux du bâtiment (ECOTRABA), ont finalement eu gain de cause en percevant la semaine dernière, 15 mois de salaire. Ce versement, effectué sous forme de chèques dûment signés par le directeur, s’est déroulé, non sans difficultés puisque le jour où les travailleurs sont allés pour retirer leur argent auprès de la banque, on leur a signifié qu’une opposition a été formulée par les créanciers de l’entreprise qui, signalons-le, a fait l’objet de dissolution. A ce moment-là, les travailleurs ne savaient plus à quel saint se vouer d’autant plus qu’ils ne s’attendaient pas à vivre un autre calvaire après ceux vécus auparavant. Tout de même, une tentative désespérante de régler ce problème a été entreprise auprès du commissariat de police de Boghni pour au moins expliquer leur mécontentement et les risques qui peuvent surgir d’une telle situation. En outre, il était même question de saisir la justice par le biais du procureur du tribunal de Draâ El Mizan, du moment que ces travailleurs étaient déjà habitués à mener des actions en justice qui, d’une manière générale, se soldaient par des décisions en leur faveur, mais n’ont jamais trouvé un terrain d’application. Au demeurant, après ce scénario inattendu, il semblerait que l’affaire de l’ECOTRABA de Boghni relève du passé, étant donné que la situation financière des salaires a été assainie et que d’autres travailleurs ont accepté de prendre leur retraite anticipée. Enfin, il faut signaler que le dénouement du conflit opposant les travailleurs et leur direction a trop perduré surtout lorsqu’on sait que durant une longue période des pères de familles étaient contraints à l’endettement pour subvenir à leurs besoins. D’un autre côté, sur le plan économique, la commune de Boghni a aussi perdu l’une des entreprises les plus fiables dans le secteur du bâtiment. En témoignent les nombreuses réalisations à mettre à son actif dans la région sud de la wilaya de Tizi Ouzou.
M. Haddadi
