Ligne Bouira – Beni Mansour, tronçon de la mort

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Chaque année, de terribles accidents ferroviaires, qui endeuillent plusieurs familles et plongent toute la région dans un état de choc collectif, surviennent au niveau de quelque quinze, sinon plus, passages à niveau non gardés, anarchiques, tout au long du tronçon situé entre Bouira et Beni Mansour, sur une distance d’environ 55 km, le dernier accident en date est celui survenu dans la commune d’Ath Mansour où une famille de 4 personnes a été décimée par un train, qui a percuté leur véhicule au niveau de l’un de ces passages au début de ce mois de juin. Il est toujours difficile dans ce genre d’accident de situer les responsabilités et d’en désigner les fautifs entre les conducteurs du train et des automobilistes, mais dans 99% des cas, ce sont les passagers des automobiles qui en payent les conséquences et lourdement sans exception, nous n’avons jamais entendu parler de quelqu’un sorti indemne après avoir été heurté par un train. La presse nationale vient de relever que la SNTF vient de débloquer la colossale enveloppe de 500 milliards de dinars destinée à la modernisation de ses lignes, ce programme inclut le “volet sécurisation” de celui déjà existant, voilà un projet qui doit intéresser au plus haut point les autorités de la wilaya de Bouira, sachant que cette voie des chemins de fer entre Bouira et Beni Mansour est celle qui enregistre depuis toujours le taux le plus élevé à l’échelle nationale en matière d’accidents, à cause du nombre de ces passages non gardés parsemés tout le long de cet itinéraire, la raison de la multiplication de ces passages est le fait que la voie ferrée traverse d’un bout à l’autre, en plein milieu, des champs cultivables et même toutes les villes de cette région, à savoir El Asnam, Bechloul, El Ajdiba, Ahnif (Maillot gare) Thaourirth et enfin la ville de Beni Mansour, cette dernière fait aussi office de “point-croisement” des voies ferrées à destination l’une de Béjaïa et l’autre de Constantine. Il n’y a à notre avis, aucun autre moyen de lutter et réduire le nombre de ces passages anarchiques, dont 90% se situent en rase-campagne, que l’aménagement d’une clôture de protection. Le projet paraît ridicule à première vue, mais le nombre croissant de citoyens déchiquetés chaque année par les trains justifie bien un sacrifice financier par les pouvoirs publics. L’aménagement d’une clôture est dix fois plus efficace que celle de passages souterrains, si ces derniers sont une solution pour les véhicules, il ne seront d’aucune utilité pour l’important cheptel (lui aussi non gardé) libéré par les éleveurs tôt le matin et qui cherche sa pitance aux alentours de la voie ferrée. Un troupeau d’ovins de 20 têtes a été dernièrement décimé par un train dans la commune d’Ahnif. C’est le balayage systématique de tout ce qui se trouve sur la voie lors du passage d’un train, combien de vaches, mulets, et autres ânes et chiens qui ont été broyés et réduits en pâté sur les rails dans cette partie du pays, ce ne sont pas les trains qui déraillent mais ceux chargés de la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Omar Soualah

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