Les livres scolaires seront cédés gratuitement aux élèves issus de familles nécessiteuses ou victimes de la tragédie nationale. Cette mesure sera appliquée dès la prochaine rentrée scolaire, à croire le département de Benbouzid qui vient d’instruire les 48 académies du pays à travers une correspondance envoyée récemment.Outre les enfants des familles démunies qui ouvraient droit à 2 000 DA au début de chaque entrée des classes, l’opération de la gratuité des manuels scolaires touchera également tous les enfants de la première année primaire, autrement dit les nouveaux inscrits dans les écoles pour l’année 2006-2007. L’instruction ministérielle prévoit d’appliquer cette décision à plus de 50% de l’ensemble des élèves poursuivant leur cursus dans les établissements publics. En application de la correspondance du ministre et sur instruction des directions de l’éducation, les chefs des établissements scolaires ont été sommés quant à eux de finaliser les listes des élèves bénéficiaires avant de partir en vacances. Quant aux livres scolaires, pour la prochaine année scolaire, il a été décidé de les acheminer vers les écoles et les établissements scolaires en général avant le début des vacances d’été. Ladite opération, qui a déjà commencé il y a quelques jours, prendra fin la mi-juillet au plus tard. De cette façon, les livres seront disponibles au premier jour de la prochaine rentrée scolaire et le déficit sera facilement comblé, contrairement aux années passées où certains manuels n’arrivaient chez l’élève que vers la fin du premier trimestre ou en milieu de l’année.Par ailleurs, et quand bien même cette nouveauté dans le secteur de l’enseignement a réellement suscité de la satisfaction chez les parents surtout, mais aussi chez les enseignants du fait de l’initiative de la tutelle, il reste néanmoins que certains cultivent des réticences rien qu’en se posant la question : qui est nécessiteux et qui ne l’est pas ? En effet, certains témoignages recueillis à ce propos récusent carrément la conception de cette gratuité des manuels scolaires que bon nombre de gens considèrent telle une disparité du moment qu’“elle profite à des gens qui ne méritent pas”, affirme un père de cinq enfants, dont trois sont scolarisés, et qui enchaîne en expliquant : “Je touche à peine dix mille dinars et je n’ai jamais eu droit aux 2 000 DA qu’on donne à l’école, alors que je connaîs des couples travailleurs qui ont de tout temps été considérés comme des familles nécessiteuses”. Ce genre de propos nous laissent bien évidemment penser qu’il y a beaucoup de chemin à faire entre le texte et son application. Et pour supplanter ce “baromètre” qui se trouve que dans certains cas, il est mal ou faussement ajusté par ceux qui sont chargés de l’appliquer correctement. Beaucoup de citoyens, et les parents d’élèves en particulier, soutiennent “qu’il faut appliquer cette mesure (gratuité des livres, ndlr) à tous les enfants scolarisés à l’école publique, “sans distinction”.
Anis S.
