L’Algérie, grenier du monde

Si l’Algérie a été, dans l’antiquité le grenier de Rome, fournissant à la puissance de l’époque, le blé, les légumes et les viandes dont elle avait besoin, elle fait, aujourd’hui, dans le domaine des exportations, piètre figure : à peine 25 millions de dollars de nos produits frais vendus à l’étranger ! Et quand on sait que les importations alimentaires du pays s’élèvent à 3,5 milliards de dollars par an, on ne peut que constater l’insuffisance de la production agricole : on ne produit ni pour consommer ni pour exporter ! On trouve toujours des raisons pour expliquer cette catastrophe : les calamités naturelles (sécheresse ou inondation, selon les années), l’insuffisance des moyens matériels, la politique agricole du pays… Il y a de tout cela mais on reconnaît rarement que le travail de la terre n’attire plus de vocations parmi les jeunes et que les meilleures terres agricoles sont à l’abandon ou alors utilisées pour construire… Et pourtant, l’Algérie est non seulement en mesure de nourrir sa population mais aussi d’exporter, comme par le passé, ses surplus. Nos dattes, nos tomates, notre pomme de terre, nos pommes ou nos viandes se défendraient avec brio sur le marché international. Il suffirait pour cela de produire les quantités suffisantes, d’améliorer la qualité et surtout d’assurer, par une politique agricole réfléchie et cohérente, l’écoulement des produits. L’agriculture, en plus des entrées de devises qu’elle assurerait au pays, créerait des emplois… Beaucoup d’emplois même ! De grenier de Rome, l’Algérie pourrait devenir le grenier du monde !

S. Aït Larba