Toute activité de jardinage interdite par… les sangliers

C’est par groupes de 10 à 15 qu’ils écument les surfaces cultivables et font des ravages dans les cultures maraîchères et l’arboriculture. Dès la nuit tombée, ils quittent leurs bauges situées à la lisière des forêts pour éviter de longs déplacements pénibles pour les marcassins. L’insécurité qui fait se cloîtrer les citoyens chez eux, laisse une liberté totale à ces voraces qui prennent possession des terrains cultivés et causent ainsi d’énormes pertes aux petits agriculteurs, qui voient les fruits de leur labeur anéantis en une seule nuit. Gros mangeur, le sanglier adulte consomme entre 30 et 50 kg de nourriture par nuit, repus de fruits qu’il récupère en secouant énergiquement les arbres que sa force exceptionnelle fait bien souvent se déraciner, il se goinfre également de légumes. Il s’offre en guise de dessert des larves et autres vers de terre et asticots dont il est friand et qu’il cherche en retournant la terre nouvellement irriguée, c’est principalement la femelle qui s’adonne au labourage de larges surfaces pour nourrir sa nombreuse progéniture composée de 13 à 15 marcassins. Les mâles une fois rassasiés, se vautrent et se roulent sur la terre mouillée pour se débarrasser des parasites qui s’accrochent à leurs flancs, c’est l’ultime manière de parachever la destruction totale d’un jardin ou verger. La prolifération de ces sangliers est inquiétante, leurs prédateurs naturels qui sont les chacals sont en nette régression, les battues périodiques étant interdites depuis l’avènement du terrorisme, les femelles arrivent à garder l’intégralité de leurs portées à raison de deux par année pour chaque femelle, qui devient féconde dès 8 mois et dont la durée de vie se situe entre 25 et 30 ans. Affamés, aucune clôture ne peut résister au « groin » d’une force exceptionnelle de ces bêtes, qui s’aventurent jusqu’au milieu des habitations quand la nourriture se fait rare dans les champs et ils disputent les dépotoirs et poubelles aux chiens qui livrent chaque nuit des batailles rangées pour repousser ces hordes qui pullulent et rodent autour des cités, nullement effarouchées ni par l’éclairage public ni même par la présence humaine, c’est à peine s’ils s’écartent se mettant à l’ombre au passage d’un citoyen. Non agressifs en temps ordinaire, ils deviennent extrêmement dangereux lorsqu’un danger quelconque menace leurs petits, il est vivement recommandé à ceux qui l’ignorent, de ne pas essayer d’attraper un marcassin, les parents surgissent à l’improviste et chargent, usant de leur prodigieuse force doublée d’une vitesse fulgurante impossible à éviter.

Omar Soualah