Quand le directeur d’une firme nationale au prestigieux label –en l’occurrence BCR- annonce une perte de 400 millions de dinars par an et une perte de 20% de son marché, à cause de la contrefaçon, il y a de quoi s’interroger : que font les services de répression de la fraude, que fait la justice ? Et quand on sait que les produits contrefaits sont fabriqués à l’étranger –en Chine dans le cas des faux BCR- on reste pantois : comment les Douanes nationales peuvent-elles laisser ces produits entrer ? On a beau dire que la contrefaçon mine le monde, rien ne justifie cette inertie des pouvoirs publics, cette sorte de fatalité –pour ne pas dire de démission- devant un phénomène qui porte un lourd préjudice à l’économie nationale ! Et il n’y a pas que les couteaux, les fourchettes et les robinets que l’on imite : tout, tout est contrefait, aussi bien les marques nationales que les marques étrangères ! Il suffit d’aller faire un tour dans les grands marchés ou même les boutiques des villes pour voir ces produits s’étaler au grand jour, sans pudeur aucune… Même forme, même présentation et même nom –parfois une lettre est ajoutée pour se couvrir, on ne sait jamais- le client n’y voit que du feu. Les produits contrefaits sont beaucoup moins chers que les originaux mais de qualité douteuse. Certains, comme les piles qui fondent au bout d’une heure ou des séchoirs qui prennent feu- sont dangereux et peuvent nuire à la santé. Il est temps que les autorités interviennent.
S. Aït Larba
