Nouveau week-end sanglant à la périphérie immédiate de Boumerdès. Moins de 24 h après l’attentat à l’explosif ayant blessé trois éléments de la police communale de Ammal, sur la route de Lakhdaria, les hordes islamistes armées ont encore diaboliquement perpétré une attaque similaire qui a coûté la vie à deux gardes communaux et blessé cinq civils au marché de voitures de Tidjelabine.
L’horreur en contrebas du lieu-dit BelhasnetA 6h10, ce jeudi, une patrouille de la garde locale quitte à pied son cantonnement en direction du lieu de négoce précité qui avait (déjà) accueilli des dizaines de personnes. Acte routinier effectué, en dispositif sécuritaire. Mais, quelques minutes plus tard, c’est l’explosion. Une bombe artisanale dissimulée aux abords du chemin des forces de l’ordre provoque un choc énorme. Deux gardes communaux sont violemment frappés. L’un d’eux a péri sur le coup et l’autre succombera à ses blessures, moins de deux heures plus tard, au pavillon des urgences de l’hôpital de Thénia. Les éclats de la bonbonne meurtrière ont également blessé cinq autres civils qui venaient de garer, là, leurs voitures dans l’espoir de les revendre. Le souffle de l’engin infernal a aussi partiellement endommagé un camion semi-remorque stationné juste à côté. Il faisait jour. Et le moment de panique passé, des dizaines de sauveteurs suivis d’éléments de la Protection civile sont sur place. Toutes les victimes seront évacuées vers les structures sanitaires de la périphérie. Agés de 21 et 35 ans, l’un célibataire et l’autre père de famille, les deux gardes communaux assassinés sont respectivement originaires de Ouadhias (w. Tizi-Ouzou) et Khenchela, a-t-on indiqué. Les cinq autres blessés sont hors de danger. Une atmosphère de brutalité sinistre régnait, ce week-end, au marché de voitures de Tidjelabine. Un lieu déjà ciblé il y a moins de quatre mois dans des circonstances presque similaires. Trois citoyens y ont été, alors blessés. En plus de deux attentats terroristes ayant coûté la vie à un civil et deux membres des services de sécurité entre 1999 et 2001. Et c’est la cinquième fois que les serriates du GSPC perpètrent des attaques à l’explosif dans ce département, depuis le 24 mai 2006. Deux policiers blessés au centre-ville de Boumerdès puis trois autres grièvement touchés moins d’un mois plus tard. Dans la zone de guerre de Ghzerwal au total, deux militaires et un officier de la BMPJ tués en plus de dix blessés, dont quatre l’avant-veille de ce week-end. Et encore deux morts et huit blessés à Ammal et Tidjelabine. La bombe d’avant-hier, apparemment reliée à un téléphone portable, a été (comme à l’accoutumée) actionnée à distance par un groupuscule terroriste écumant les hauteurs de Tidjelabine. Il se compose, a-t-on signalé, d’une dizaine d’éléments dont certains sont issus du GIA, à l’instar de Amirouche, notoirement réputé pour ses méfaits dans cette contrée. Le feuilleton sanglant qui frappe particulièrement la wilaya de Boumerdès et d’autres coins de Kabylie, confirme encore ce qu’on redoutait. Le GSPC reste sourd aux appels à la réconciliation nationale plébiscitée il y a une année et dont l’échéance pour toute repentance est fixée au 31 août prochain. Les forces combinés de sécurité qui, sans doute, appréhendent d’autres coups meurtriers dans différentes régions du pays, traquent, en tout cas, l’hydre islamiste sans merci.
Salim Haddou
