On ne peut qu’être satisfait à l’annonce de la création de 400 nouveaux postes pour l’enseignement de tamazight : c’est mille, deux mille et même plus qu’il en faut, pour généraliser l’enseignement de cette langue ancestrale, longtemps mise à l’écart. Mais 400 postes, ajoutés à ceux qui existent déjà, c’est bon, même très bon… Et le plus intéressant c’est que ces postes sont ouverts aux titulaires de licences de berbère : d’une part c’est un débouché pour les jeunes cadres formés dans les départements de langue et culture amazighes, d’autre part, c’est une garantie que l’enseignement sera confié à des spécialistes. Il faut reconnaître, en dépit de toutes les critiques que l’on peut formuler, que l’Etat consent des efforts pour ce qui est de la logistique, ce qui ne suit pas, dans le domaine de de tamazight, c’est le scientifique et le didactique. A l’exception des rencontres initiées par le Haut Commissariat à l’amazighité, il n’y a, du côté du ministère de l’Education nationale ni de celui du Ministère de l’Enseignement supérieur ni colloques ni ateliers à même de guider les enseignants ou de renouveler les méthodes. On a cru avec la création du Centre pédagogique et linguistique de tamazight qu’une instance scientifique, animée par des linguistes et des pédagogues, s’occuperait enfin des problèmes, non seulement de l’enseignement mais aussi de l’aménagement, or il n’en est rien : on ne note jusqu’à présent aucun travail de ce centre et les berbérisants connus que compte le pays ne l’ont pas rejoint…
S. Aït Larba
