Il s’appelle Chabane Khelouz. Il réside à Ouaguenoun. Il a tout juste 26 ans. Il a abandonné l’école avant l’heure. Mais, il présente des facultés d’évolution. Il continue ses études à travers un autre canal que celui de l’école. Derrière sa stature de jeune, il cache une sensibilité extrême et une prise de conscience par rapport à son environnement. Depuis son jeune âge, il s’est initié au dessin, un domaine qu’il affectionne et dans lequel, il a suffisamment fait preuve de son talent. Il n’a jamais eu l’occasion de fréquenter des écoles spécialisées pour développer son talent. Le seul train de la vie qu’il mène pour s’affirmer reste l’autodidacte. « J’étais prématurément attiré par tout ce qui a trait à la culture. Mais le domaine qui m’a fasciné le plus est celui de l’archéologie », nous a déclaré le jeune artiste. En effet, Chabane Khlouz, lors de notre entretien, laisse dégager du fond de son esprit, un grand amour et une extrême sensibilité à tout ce qui est ancien. Il n’a découvert le terme « archéologie » qu’après l’avoir aimé. « Ce sont des amis qui m’ont expliqué que ce monde qui m’attire s’appelle archéologie », nous dit-il. Il pratique la photographie, la sculpture sur bois, sur pierre, etc, mais la collection des objets anciens reste pour lui plus qu’une passion. Il ne s’intéresse pas uniquement aux objets, mais aussi à tout ce qui a une relation avec les siècles passés, telles que la poésie, la musique et l’architecture. Pour mieux apprécier l’archéologie, le jeune se déplace souvent vers les régions du Sud du pays, particulièrement Tamanrasset. « Au sud du pays, j’éprouve beaucoup de sensations. J’aime particulièrement le « Imzal »-un instrument de musique sur lequel joue la femme targuie » et d’enchaîner, « en écoutant jouer de cet instrument, c’est comme si je voyageait à travers les siècles ». Il ouvre son sac et nous exhibe après les avoir dénoué, un mouchoir, trois pièces archéologiques qu’il a rapporté du Sud. « Quand je les prend entre mes mains je ressens un grand bonheur »Dans son sac, il nous montre un tas de diplômes d’honneur décernés lors de ses participations aux festivités culturelles à travers le pays. « Je ne fais rien d’autre. Je consacre tout mon temps à la culture et l’archéologie particulièrement », nous dit sincèrement l’artiste. De l’archéologie, le jeune nous parle de ses recherches qu’il entreprend à travers la région. Concernant l’adresse de ces lieux, le jeune nous répond : « C’est un secret. Je vous l’indiquerai plus tard ». Des projets dans ce domaine, il y en a encore, parmi lesquels figure le projet de réalisation d’un livre déposé au niveau du HCA (Haut Commissariat à l’amazighité). L’œuvre porte sur une étude terminologique dans ce domaine des espèces de différents insectes, et physiologique. A travers une sensibilité à fleur de peau et une ambition clairement affichée, le jeune est déterminé à aller plus de l’avant pour caresser avec passion les siècles passés et sentir les mélodies d’une civilisation millénaire en consacrant tout son temps et son plein amour pour la ressusciter.
Mourad Hammami
